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Lesley Wilson

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Marc Zamansky, dernier doyen honoraire de la faculté des sciences de Paris

La matérialisation de la pensée scientifique au coeur de Paris

En 1941, élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm, alors qu’il est encore étudiant, Marc Zamansky entre dans la résistance en intégrant le réseau Mithridate et s'engage dans les Forces françaises libres. Il est arrêté en 1943 et ...

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Quelques dates

  • 1968 : éclatement de la Faculté des sciences
  • 1971 : création de "l'université Paris 6"
  • 1974 : Paris 6 devient "université Pierre et Marie Curie"
  • 2007 : "UPMC", nom officiel de l'université

Lesley Wilson

Le moment phare

1988-89, ce fut période passionnante. Au moment de la chute du mur de Berlin, j’étais à Bruxelles, et j’ai été invitée à collaborer au programme TEMPUS, similaire à Erasmus, axé sur les universités dans les nouvelles démocraties d’Europe centrale et orientale. Le monde est en évolution constante et les changements émergent souvent d’universités visionnaires. Ce furent des moments passionnants.

Le prochain défi

Aujourd’hui, le paysage de l’enseignement supérieur au sein de l’Union européenne est diversifié, et la coopération comme la concurrence entre établissements sont axées sur l’excellence. Cependant, nous sommes confrontés à des problèmes mondiaux qui nécessitent des collaborations étroites en matière de recherche et aussi le développement d’une communauté scientifique mondiale, dans l’intérêt de tous, surtout en ces temps économiques plus difficiles.

L’UPMC et moi

J’ai commencé à travailler avec l’UPMC au milieu des années 90, avec le développement de l’enseignement supérieur roumain, à l’époque où j’étais directrice du Centre européen pour l’enseignement supérieur à l’Unesco. Ces dix dernières années, nous avons oeuvré étroitement avec Jean Chambaz, qui a créé et présidé le conseil de l’EUA pour la formation doctorale, à la promotion d’une formation doctorale plus structurée en Europe … J’ai aussi eu le privilège de siéger au Comité d’orientation stratégique de l’UPMC pour une courte période !

Ma devise

Faites ce qui vous passionne, mais aussi allez explorer le monde ! car, découvrir et connaître des langues, des cultures et un environnement différents vous ouvrent l’esprit. De plus, cela vous permet d’ajouter des cordes à votre arc pour saisir et réussir toutes les opportunités de carrière.   

 

 

Éloge de Lesley Wilson

Présenté par Danielle Seilhean, vice-présidente Relations internationales

 

Lesley Wilson consacre sa vie à la construction de l'Europe de la recherche et de l'enseignement supérieur.

 

Britannique, mais d'abord écossaise, elle obtient un Master of Arts en histoire, langue et littérature française et en sciences politiques à l'université de Glasgow. Elle est alors distinguée par un prix qui lui permet d'effectuer un séjour académique à l'université d'Aix-en-Provence. à l'issue de ce master, elle rejoint l'Institut des hautes études européennes de l'université Robert Schumann à Strasbourg et, déjà, conduit un projet de recherche sur la situation du marché de l'emploi des jeunes chercheurs en Europe sous la direction de Guy Ourisson.

 

Elle rejoint alors le conseil de la recherche allemand où, pendant huit ans à Cologne, elle est responsable de travaux d'analyse et d'évaluation en tant que conseiller scientifique.

 

En 1988, Lesley Wilson participe à la mise en place du programme Erasmus à Bruxelles pour les projets de recherche et le soutien aux réseaux européens. En 1989 elle est la première directrice du bureau TEMPUS, mis en place par la commission, à la chute du mur de Berlin, pour gérer les budgets européens considérables consacrés à la coopération dans le domaine de l'enseignement supérieur. Plus de vingt après, le programme se poursuit avec les procédures qu'elle a mises en place à l'époque. Belle - et rare - continuité, preuve de sa grande efficacité.

 

Retour à Strasbourg en 1994 pour créer une unité de politique scientifique stratégique au sein de la Fondation européenne de la science, avant de rejoindre Bucarest pour diriger le Centre européen de l'enseignement supérieur de l'Unesco. Pendant 4 ans, elle aura en charge le développement de la stratégie et de projets de coopération. Son parcours professionnel à travers l'Europe se poursuit en 1999 où elle rejoint la Fondation européenne de la formation professionnelle à Turin en tant que directrice de la stratégie et du planning où elle est en particulier en charge des relations entre cette agence et les institutions de Bruxelles.

 

Ce parcours international de plus de vingt ans lui a permis d'acquérir une connaissance intime, à la fois précise et globale, du paysage de l'enseignement supérieur et de la recherche de notre continent, à travers ses bouleversements et ses débats sur le processus de Bologne ou encore la stratégie de Lisbonne. Elle aurait pu se décourager, devenir sceptique, cynique ou décliniste, comme tant d'observateurs. Non. Elle y forge une conviction résolue dans la nécessité et la possibilité de construire l'Europe, non pas sur des schémas bureaucratiques normatifs et déconnectés de la réalité, mais sur des projets s'appuyant sur sa diversité historique, culturelle, institutionnelle et en donnant la parole aux acteurs de terrain.

 

C'est cette conviction qui l'incite probablement à répondre favorablement à la proposition d'éric Froment de devenir secrétaire générale la toute nouvelle association des universités européennes, l'EUA, créée en 2001. Les recteurs et présidents d'université, membres du board de l'EUA, sont des gens très occupés. Lesley Wilson va jouer un rôle déterminant pour amener ces universités à dialoguer et à définir des positions clés dans le respect de leur histoire, de leur culture, donc de leur diversité.

 

Grâce à elle, l'EUA s'est rapidement affirmée comme la voix des universités européennes auprès des institutions de l'UE comme dans le concert international. L'association regroupe plus de 850 universités de 46 pays de notre continent. Elle est devenue un acteur incontournable de la politique européenne en matière d'éducation et de recherche.

 

Sa vocation principale : contribuer au développement d'un espace commun pour l'enseignement supérieur et la recherche. Appuyée par Andrée Sursock et John Smith et entourée d'une petite équipe, Lesley Wilson déploie depuis 10 ans une activité incroyable au service des universités européennes.

 

La crédibilité de l'EUA repose sur un travail d'analyse, des études de terrains qui préparent ses prises de position. Tous les deux ans, les rapports Trends sont les rapports les plus sérieux sur l'état exact des réformes de Bologne, avec un taux de réponses de plus de 80 %.

 

Sous son impulsion, l'EUA a réalisé et publié un très grand nombre d'études sur des sujets capitaux de la politique européenne des universités. Elle a joué un rôle décisif dans la politique européenne de la qualité, en rédigeant avec d'autres partenaires, les standards communs de qualité. Lesley Wilson a également joué une part essentielle dans la création d'une charte sur la formation continue en Europe.

 

Sur la base d'un projet associant 59 universités sur la formation doctorale, l'EUA a été un acteur majeur dans l'élaboration des principes de Salzbourg sur le doctorat en 2005, définissant un cadre commun mais reconnaissant la diversité des modèles pour le mettre en oeuvre, à l'opposé d'un modèle unique de doctorat européen. Dans la foulée, Lesley Wilson a oeuvré pour créer, au sein de l'EUA, le conseil pour la formation doctorale (CDE), plateforme de discussion et de service aux universités sur le doctorat dont elle a confié la présidence à Jean Chambaz. Ces actions ont accéléré la révolution des études doctorales à l'échelle continentale. En quelques années, nous sommes passés de 10 % à plus de 50 % d'universités disposants d'écoles doctorales.

 

Le rôle de l'EUA est aussi déterminant pour la soutenabilité du financement et la gouvernance des universités, la critique des classements simplistes et biaisés qui se multiplient, la nécessaire diversification des établissements dont Lesley Wilson est une militante convaincue.

 

Sillonnant le monde, elle a su construire des liens étroits avec les associations d'universités d'Asie, d'Australie, d'Amérique Latine, d'Afrique et aussi d'Amérique du Nord dans un dialogue transatlantique marqué par la coopétition - mélange de coopération et de compétition - chère à Debra Stewart, président du Council of Graduate Schools américain et, elle aussi, docteur honoris causa de l'UPMC.

 

Elle a constamment veillé à la participation des universités françaises et à la contribution des visions françaises dans la définition des principes de l'EUA, avec un succès mitigé dû à une trop faible prise de conscience par celles-ci de la dimension européenne de leur activité.

 

Les ressorts de l'énergie de Lesley Wilson restent un mystère. Peut-être ses courtes pauses dans le Sud de la France y concourent. Son aménité, sa maîtrise de soi cachent un sens politique et une détermination que sert sa connaissance remarquable des cultures et des systèmes politiques. Il faut la voir dans la rédaction d'une déclaration rechercher les mots justes évitant de mauvaises interprétations en anglais, en français et en allemand.

 

Le titre de docteur honoris causa distingue cette citoyenne européenne, militante du rôle des universités comme levier du développement économique, social et culturel en Europe, française d'adoption et amie de l'UPMC.



10/12/13