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Krzysztof Matyjaszewski

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Marc Zamansky, dernier doyen honoraire de la faculté des sciences de Paris

La matérialisation de la pensée scientifique au coeur de Paris

En 1941, élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm, alors qu’il est encore étudiant, Marc Zamansky entre dans la résistance en intégrant le réseau Mithridate et s'engage dans les Forces françaises libres. Il est arrêté en 1943 et ...

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Quelques dates

  • 1968 : éclatement de la Faculté des sciences
  • 1971 : création de "l'université Paris 6"
  • 1974 : Paris 6 devient "université Pierre et Marie Curie"
  • 2007 : "UPMC", nom officiel de l'université

Krzysztof Matyjaszewski

Le moment phare

Je mentionnerais plusieurs points : le travail du professeur Penczek, mon premier encadrant (qui a également reçu le diplôme de doctorat honoris causa de l’UPMC) et mon passage à Carnegie Mellon. Cependant, le plus important pour moi a été de travailler sur la polymérisation radicalaire contrôlée / vivante, qui était considérée à l’époque comme insoluble.

Le prochain défi

Il en existe plusieurs : la sélectivité croissante de polymérisation, liée à la catalyse plus efficace dans des conditions respectueuses de l’environnement, et un contrôle très précis de l’architecture macromoléculaire, fourni par des matériaux intelligents qui peuvent peut-être s’auto-rajeunir ou s’auto-répliquer.

L’UPMC et moi

Cela a été une expérience très enrichissante, qui m’a permis de passer du statut d’élève à celui de professeur. J’ai toujours été très impressionné par l’hospitalité de mes collègues français. J’ai pu ainsi mieux connaître la France et explorer tous les aspects de la culture française.

Ma devise

Le plus important est d’être passionné par ce que vous faites : cela vous permettra de ne pas être freiné par les problèmes les plus difficiles ! Ouvrez grand vos yeux et vos oreilles, restez à l’affût de tout ce qui se passe autour de vous. Gardez l’esprit et le coeur ouverts pour mieux comprendre notre monde et pour percer les problèmes les plus importants.  

 

Éloge du professeur Krzysztof Matyjaszewski

Présenté par Claire-Marie Pradier, directrice du laboratoire de Réactivité de surface, UPMC / CNRS

 

C'est une immense joie et un honneur pour moi de prononcer l'éloge du professeur Krzysztof Matyjaszewski à qui l'UPMC souhaite aujourd'hui remettre le titre de docteur honoris causa.

 

Et puisqu'il m'incombe de prononcer le discours de réception de l'un d'eux, je dirais tout d'abord que la brièveté du temps qui m'est imparti évitera à la modestie et à la simplicité du professeur Matyjaszewski de souffrir... mais, comment rendre compte en quelques minutes d'une aussi brillante carrière ?

 

Je rappellerai quelques flashs :

 

Né en Pologne en 1950, vous avez, monsieur, obtenu votre doctorat à Lodz en 1976, à l'époque où la Pologne entrait dans une période difficile tant sur le plan économique que social. Vous avez rapidement compris qu'il était indispensable pour un chercheur d'établir de nombreux contacts avec les collègues étrangers ; vous avez donc parcouru le monde, vous arrêtant notamment en France, dans notre université où vous avez passé un an et demi comme professeur associé ; en 1984-1985 me semble-t-il.

 

Vous avez ensuite été, très jeune donc, nommé assistant professeur puis « full » professeur à l'université Carnegie-Mellon de Pittsburg où vous dirigez depuis 1998 le Centre d'ingénierie macromoléculaire.

 

Votre passion, pour ne pas dire votre obsession, est la compréhension des mécanismes et de la cinétique des réactions de polymérisations ioniques et radicalaires.

 

Citons votre article fondateur au Journal of American Chemical Society en 1985, cité plus de 3 000 fois !

 

Vous avez non seulement découvert la polymérisation par transfert d'atomes (ATRP), une méthode qui a révolutionné la plus importante voie de synthèse des polymères, mais vous en avez expliqué le mécanisme fondamental et l'avez développé jusqu'au niveau industriel. Vers les domaines des nanocomposites, des bioconjugués, l'ingénierie des tissus, les matériaux pour l'optoélectronique... Vous dites que le succès de votre méthode, d'une limpide simplicité, tient à la paresse des chimistes qui préfèrent ainsi éviter de procéder à de nombreuses synthèses intermédiaires avant d'arriver à une grande diversité de composés, homopolymères aux architectures moléculaires complexes. Je dirais que, plus que votre méthode, c'est vous qui êtes d'une remarquable simplicité, accessibilité et clarté dans vos paroles ou écrits. Vous dites que c'est facile.... « Il suffit d'imaginer un équilibre entre une espèce, dont une des extrémités est désactivée, et une espèce active, pour contrôler la croissance des chaînes ». Mais alors.... Pourquoi personne n'y avait-il pensé avant ?

 

Vous avez produit dans le domaine des polymères et plus généralement de la chimie, plus de 800 contributions scientifiques, incluant des publications dans les revues internationales majeures, des livres, et brevets, qui vous ont valu près de 60 000 citations et un exceptionnel indice d'impact (h = 125).

 

Votre paradoxe est d'être d'une part un chercheur tout à fait international, reconnu dans le monde entier, et les plus de 1 000 conférences invitées que vous avez présentées en constituent la parfaite illustration ; et d'autre part, un homme très fidèle et proche de quelques pays, de trois contrées, chères et privilégiées : la Pologne, bien sûr, les états-Unis qui vous ont adopté... ils ont su vous garder, eux ... et j'ajoute la France.

 

Vous êtes déjà membre de trois Académies des sciences (Russie, Pologne, USA-Engineering). Vous êtes déjà docteur honoris causa d'universités ou organismes de recherches de six pays dont la France .... Mais qu'attend l'UPMC avec qui vous entretenez depuis le début de votre carrière scientifique des relations particulièrement étroites, on peut presque dire fusionnelles notamment avec le laboratoire de Chimie des polymères-UMR 7610), pour vous montrer son amitié et son estime ? Oserais-je ajouter que vous êtes évidemment francophone.

 

Alors Paris.... Vous y avez été chercheur associé, puis professeur invité en 1984, et c'est avec le professeur P. Sigwalt, alors directeur du laboratoire de Chimie des polymères, que vous avez étudié les mécanismes et cinétiques de réactions de polymérisation.

 

Ne pouvant alors vous proposer de poste pour une durée plus longue, c'est à Carnegie- Mellon, que vous avez pu être recruté comme professeur et créer votre prestigieux « Center for Macromolecular Engineering ». Vous avez d'ailleurs aujourd'hui la double nationalité américano-polonaise. Mais, vous n'avez pas oublié la France, bien au contraire.

 

Il semble que de votre séjour parisien, vous ayez conservé un souvenir enthousiaste, tant pour des raisons scientifiques qu'amicales. Vous avez en effet établi de nombreux liens avec des équipes du laboratoire. Une longue et étroite collaboration en a immédiatement résulté. Avec l'équipe de P. Sigwalt bien sûr, puis avec celle de J.-P. Vairon et plus tard, avec celle de B. Charleux jusqu'au départ de celle-ci pour Lyon en 2009. Une vraie collaboration réciproque qui, par exemple, après la découverte de l'ATRP a conduit le laboratoire à s'intéresser à la polymérisation radicalaire contrôlée, et, nous osons le dire, vous a conduit à aborder la polymérisation contrôlée en émulsion, qui était étudiée alors au laboratoire.

 

Tout au long de ces années des doctorants et stagiaires des deux laboratoires ont été régulièrement échangés pour des séjours de quelques semaines à quelques mois. De nombreuses publications communes ont résulté de cette longue collaboration.

 

Professeur Matyjaszewski, vous avez ensuite fait de fréquents séjours sabbatiques dans le laboratoire de l'UPMC, en tant que professeur associé, puis pendant une année complète sur une chaire Elf/Acad. Sc. en 1998. Vous avez naturellement enseigné dans notre université et donné de multiples séminaires lors de chacun de vos séjours. Et, il ne se passe jamais une année sans que vous ne veniez à l'UPMC y faire une conférence, un séminaire aux chercheurs et doctorants, ou simplement pour discuter des domaines scientifiques qui demeurent encore en commun.

 

Mais je m'aperçois que j'ai à peine parlé de votre bibliographie scientifique et je garde pour la fin une des plus hautes récompenses scientifiques que vous avez obtenue en 2011, je veux dire le prix Wolf pour la chimie.... que certains considèrent comme l'antichambre du Nobel....

 

La Chimie française a tenu récemment à vous honorer en vous décernant en 2012 le prix francopolonais de la Société chimique de France. L'UPMC tient aujourd'hui à vous témoigner de son admiration et de son immense fierté de vous compter parmi ses amis scientifiques.

 

Ce titre de docteur honoris causa que vous décerne notre université, recevez-le donc, je vous prie, comme un hommage respectueux et admiratif à un scientifique brillant, humaniste et dont la France et l'UPMC sont fiers de se prétendre votre ami.



10/12/13