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Les pesticides favoriseraient la maladie de Parkinson

L'exposition aux pesticides double le risque de survenue de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs ! La revue "Annals of Neurology
" vient de publier en ligne ces résultats, issus des travaux de l’équipe d’Alexis Elbaz de l'unité Neuroépidémiologie Inserm/UPMC.
Les causes de la maladie de Parkinson, pathologie neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer, restent méconnues. Des facteurs environnementaux semblent s’ajouter à une susceptibilité génétique. Elément tangible de l’hypothèse : le MPTP (1 - méthyle 4 - phényl 1,2,3,6-tétrahydro pyridine ), une substance chimique capable d’induire des syndromes parkinsoniens : lenteur des mouvements, rigidité des membres, tremblements…
Un facteur chimique démontré chez l’homme
Le MPTP a longtemps été utilisé à des fins de recherche sur la maladie de Parkinson chez le primate. Son effet sur l’homme a été observé de manière fortuite. En effet, des doses de MPPP, un opioïde proche de l’héroïne, contaminées par accident par du MPTP, ont entraîné chez les usagers un syndrome parkinsonien. Lorsqu’il pénètre une région du cerveau appelée la substance noire, le MPTP se transforme en MPP+. Ce toxique y détruit les neurones dopaminergiques, fortement impliqués dans le contrôle de la motricité. Or le MPP+ a une structure chimique proche du Paraquat, un herbicide amplement utilisé en agriculture… De quoi stimuler la recherche sur l’influence des pesticides sur le développement de la maladie de Parkinson.
Effet des pesticides sur la maladie : un constat alarmant
L’équipe « Neuroépidémiologie » a ainsi mené une étude minutieuse auprès de centaines d’agriculteurs actifs et retraités français. « Ils ont été visités à domicile par des médecins du travail qui ont reconstruit en détail leur parcours professionnel, exploitation par exploitation, culture par culture. Trois grands types de pesticides ont été explorés : fongicides, insecticides et herbicides », explique Alexis Elbaz. Les résultats montrent que les personnes ayant employé des pesticides dans le cadre de leur métier ont plus souvent la maladie de Parkinson que les sujets témoins. « Le risque double chez des personnes ayant utilisé des insecticides- et en particulier de type organochloré, comme le lindane et le DDT- et il augmente avec le nombre d'années d'exposition ». Ces insecticides organochlorés ont la particularité, comme le MPTP, de passer la barrière encéphalique. Lipophiles, ses molécules se lient facilement aux cellules graisseuses du cerveau.
Une enquête à suivre…
Aujourd'hui interdits en France, les insecticides organochlorés ont été très largement employés et persistent longtemps dans l’environnement. Toutefois, « on ne peut affirmer qu’il n’existe pas d’association entre d’autres produits moins souvent utilisés et la Maladie de Parkinson », précise le chercheur. Aujourd’hui, l’Unité de Neuroépidémiologie prépare une nouvelle étude fondée sur des paramètres géographiques permettant de mesurer si certaines cultures sont associées à une plus grande fréquence de la maladie.
Emmanuelle Manck
Lire l'étude (en anglais)
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03/07/09






