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Séance inaugurale du labex Transimmunom

Transimmunom : un labex « en toute immunité »

Immunopathologie et inflammation : du phénotypage croisé aux biothérapies

 

Diabète de type 1, sclérose en plaques, polyarthrite rhumatoïde… ces expressions issues du vocabulaire médical sont peu à peu entrées dans le langage courant. Pour autant, la médecine ne fait pas toujours le lien entre ces pathologies, pour certaines découvertes de longue date et qui ont comme point commun qu’elles résultent de l’attaque de nos tissus par notre propre système immunitaire. Transimmunom vise à décrypter le spectre de ces maladies allant de l'inflammation à l'auto-immunité, à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et à proposer des traitements innovants. Interview de David Klatzmann, porteur du labex et professeur d’immunologie à la Faculté de médecine Pierre et Marie Curie.

 

Auto-immunité et inflammation. Existe-t-il des points communs?

David Klatzmann. Les maladies auto-immunes résultent d'un dysfonctionnement du système immunitaire qui s’attaque aux constituants normaux de l’organisme. La destruction de tissus qui en résulte génère de l’inflammation. L’inflammation est un processus physiologique de défense qui accompagne la réponse de l’organisme contre une agression. Elle peut entraîner une mort cellulaire déclencheur potentiel d’une réponse auto-immune. Transimmunom explore l’idée d’un continuum allant des pathologies purement auto-inflammatoires aux pathologies purement auto-immunes, et comprenant des maladies inflammatoires avec une composante auto-immune secondaire ou l’inverse.

 

Transimmunom va dans le sens des recherches que vous menez au laboratoire « Immunologie-immunopathologie-immunothérapie » (I3).

D. K. En effet, nous étudions le système immunitaire normal et pathologique en combinant  des approches habituellement menées de façons distinctes. D’une part,  une approche dite de biologie des systèmes, fondée sur la collecte de « données massives » telles que celles produites par les technologies « omiques » (cytomique, génomique, transcriptomique, protéomique) et leur modélisation au travers d’analyses bioinformatiques et statistiques supervisées ou non ; d’autre part, une approche plus classique, dite réductionniste, testant des hypothèses formulées sur des questions spécifiques.

 

Nous pensons que ces deux approches sont plus que complémentaires, synergiques. Dans Transimmunom, les approches réductionnistes visent par exemple à explorer un gène, une molécule, une fonction dans plusieurs maladies ; l’approche de biologie des systèmes vise à acquérir des données « omiques » dans plusieurs maladies et à les analyser de façon conjointe pour identifier des voies moléculaires ou même des molécules identifiant des sous-groupes de patients, et fournissant ainsi des hypothèses mécanistiques qui pourront ensuite être explorées par des approches réductionnistes.   

 

Transimmunom s’inscrit donc dans une démarche de recherche translationnelle. Quels en sont les principaux objectifs ?

D. K. Le consortium fédère des expertises en immunologie, génétique, médecine, statistique, mathématique et informatique. Nous projetons d’établir le phénotype (clinique et « omique ») croisé d’un échantillon de pathologies inflammatoires et auto-immunes représentatives. Des bioinformaticiens et des statisticiens travaillent à la conception et à l’enrichissement d’une banque de données standardisée pour l’intégration de données cliniques et biologiques (huit pathologies étudiées, cohortes d’une centaine de patients pour chaque pathologie). L’analyse des données collectées nous permettra de modéliser, développer et valider des biomarqueurs pour le diagnostic, le suivi et la stratification de ces pathologies, et d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques dont le potentiel sera ensuite testé in silico, in vitro et in vivo. En miroir, nous prévoyons d’étudier les mêmes « omiques » au cours de traitement immunomodulateurs, pour mieux comprendre leurs mécanismes d’action et identifier les paramètres prédictifs de la réponse biologique et clinique. Viendront ensuite la mise au point de biothérapies innovantes qui s’appuieront sur les résultats de ces analyses.

 

Quel est l’engagement de Transimmunom en termes de formation et d’enseignement ?

D. K. Transimmunom a pour vocation la mise en œuvre d’un programme de formation à destination d’étudiants, de chercheurs et de médecins, issus d’horizons disciplinaires variés. Ces actions de formation porteront sur les principes, les applications, les limites, les aspects éthiques et sociétaux de la biologie des systèmes appliquée à la recherche translationnelle, en incluant le diagnostic et les applications thérapeutiques.

 

Quels sont les différents acteurs engagés dans le projet ?

D. K. Transimmunom est l’occasion pour les équipes de recherche et les médecins praticiens de pérenniser des liens établis au sein du milieu académique et d’initier des interactions réciproques avec le monde socio‐économique. Transimmunom fédère trois laboratoires académiques (« Immunologie-Immunopathologie-Immunothérapie », « Vieillissement, Stress, Inflammation » et « Physiopathologie des maladies génétiques d'expression pédiatrique »), le Centre d’investigation clinique en biothérapie « Biothérapie et Immunologie », et trois PME de biotechnologies spécialisées dans le domaine du traitement des données complexes ou l’immunothérapie (Pharnext, Prediguard, Iltoo-Pharma), en lien avec le Département Hospitalo-Universitaire « Inflammation-Immunopathologie-Biothérapie » (DHU-I2B). Sans oublier, bien sûr, l’accompagnement de nos tutelles, l’UPMC, le CNRS, l’Inserm et l’AP-HP.

 

Pour en savoir plus :

Laboratoire « Immunologie-immunopathologie-immunothérapie » (I3, UPMC/CNRS/Inserm)Nouvelle fenêtre

 

Le Département Hospitalo-Universitaire « Inflammation-Immunopathologie-Biothérapie » (DHU-I2B)Nouvelle fenêtre comprend 15 services hospitaliers spécialisés dans les maladies inflammatoires et auto-immunes, 10 services hospitaliers de biologie et 5 équipes de recherches.

 

Séance inaugurale du labex Transimmunom : le 4 juillet 2013 à l’université Pierre et Marie Curie, Paris. Télécharger le programmeNouvelle fenêtre.



28/06/13