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Et si le fait d’être en confiance influençait nos jugements ?

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Et si le fait d’être en confiance influençait nos jugements ?

Une étude menée par l’équipe de Mathias Pessiglione et Jean Daunizeau à l’institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM, CNRS/UPMC/Inserm), montre que la région du cortex responsable de l’attribution des valeurs intègre également le degré de confiance que nous mettons dans nos jugements. Ces travaux, publiés dans la revue Nature Neuroscience, représentent un progrès très important dans la connaissance du fonctionnement du cerveau et ouvrent de nouvelles perspectives en neuro-économie.

 

Du choix d’un restaurant à celui d’un partenaire, notre propension à comparer et à évaluer est omniprésente dans notre vie de tous les jours. Comment attribuons-nous des valeurs aux choses ? Quels sont les paramètres qui influencent nos jugements ? Et si la confiance que nous plaçons dans nos jugements affectait ces derniers ?

 

Afin de tester cette hypothèse, les chercheurs de l’équipe de Mathias Pessiglione et Jean Daunizeau ont présenté à des sujets sains des photographies de visages, de maisons ou de tableaux en leur demandant de noter sur une échelle de -10 à +10 leur attrait pour ces images, puis d’évaluer leur degré de confiance dans leur jugement. En parallèle, les chercheurs ont étudié par IRM fonctionnelle le cortex orbitaire médian, région du cerveau responsable de l’attribution des valeurs et dont l’activité augmente lorsqu’une chose nous plait. Ceci a permis de mettre en évidence que cette région intègre également le degré de confiance que les sujets mettent dans leur jugement. L’analyse des résultats révèle une relation quadratique entre jugement de valeur et jugement de confiance. Quand les sujets n’ont pas confiance dans leur choix, leurs évaluations se situent au milieu du classement. Par contre ce biais n’existe plus lorsque les sujets sont en confiance. Ils ont alors tendance à émettre des jugements plus extrêmes, c’est-à-dire à trouver plus plaisante ou plus déplaisante la photo qu’on leur présente.

 

Ainsi nos jugements dépendent non seulement de la valeur intrinsèque que nous attribuons aux choses mais également de la confiance avec laquelle nous les évaluons. La confiance représente donc une valeur en soi.

 

Ces données posent la question de la façon dont le cerveau intègre à la fois la confiance et la valeur au sein de la même région. Elles pourraient apporter ainsi d’importantes contributions pour construire une théorie du choix inspirée par la biologie. La première est que toute attribution de valeur effectuée par le cortex orbitaire médian s’accompagnerait du degré de confiance (ou d’incertitude) que le sujet place dans chacune des options. La seconde est que, lors d’un choix, le cortex orbitaire médian pourrait intégrer la valeur de plusieurs aspects d’une situation donnée. Ainsi, il devient plus compliqué de décoder la valeur d’une chose, cette valeur pouvant être modifiée par la valeur attribuée au contexte dans lequel se trouve le sujet (un contexte agréable ou non, un manque de confort physique…).

 

Par ailleurs, l’intégration de la valeur et de la confiance au sein de la même région du cerveau pourrait également expliquer certains comportements irrationnels. Ainsi une personne qui se sent très en confiance et qui se trouve dans un contexte agréable, pourrait émettre des jugements erronés et serait donc plus facilement manipulable. Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives dans la compréhension des mécanismes cérébraux sous-tendant nos choix et nos prises de décisions.

 

Sources : l'actualité sur le site de l'INSB du CNRSNouvelle fenêtre.

Pour en savoir plus :

Référence :

Automatic integration of confidence in the brain valuation signal. Maël Lebreton, Raphaëlle Abitbol, Jean Daunizeau and Mathias Pessiglione. Nature Neuroscience. 2015. doi:10.1038/nn.4064

 

Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM, CNRS/UPMC/Inserm)Nouvelle fenêtre

 

Équipe « Fondements biologiques, psychologiques et computationnels de la motivation »



22/07/15