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L’Harmonie du Cosmos

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L’Harmonie du Cosmos

Création au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris

8 avril 2016, 18h

209, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris

Entrée libre sur réservation : reservation@cnsmdp.fr

Huit oeuvres inédites composées par des étudiants de l’UPMC et du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris seront présentées le 8 avril 2016 dans le cadre de la « Journée de l’écriture » organisée par le CNSMPDP. Le spectateur convié à un voyage intersidéral, partira à la rencontre des aurores boréales, des rayons cosmiques, des briques élémentaires de la vie, de la formation des planètes, de la mécanique quantique et de l’équation logistique, avec des styles, des formes et des langages musicaux variés.

 

Les étoiles de notre galaxie, entourée de leurs exoplanètes, vue d’artiste. © ESO/M. Kornmesser Vue d'artiste tirée de l’articleNouvelle fenêtre d'Arnaud Cassan sur le site de l’IAP.

 

Des philosophes de l’Antiquité (Pythagore et son Harmonie du Cosmos) aux compositeurs contemporains en passant par les penseurs du Moyen Âge, les liens entre musique, astronomie et mathématiques sont plus que millénaires. Mais la musique ne peut se réduire aux seules équations mathématiques. Elle possède une dimension physique (la compréhension de la matière qui produit le son), physiologique (la perception des sons) et surtout artistique et esthétique.

 

L’Univers quant à lui fascine le commun des mortels et inspire aussi bien les intellectuels que les artistes. Le rythme des pulsars a été détourné par Gérard Grisey, Claude-Samuel Levine a créé une gamme stellaire à partir des vibrations des étoiles, Guillaume Connesson, nous fait entendre les supernovae et l’Univers. Parmegiani et Penderecki imaginent l’origine du monde, Glass fait parler Orion, Cage transforme un atlas stellaire en partition.

 

Au cours de l’année universitaire 2015-2016, la classe d’harmonie de Fabien Waksman a tenté d’approfondir les liens unissant musique et cosmologie, guidée en ce sens par l’astrophysicien Jean-Philippe Uzan. De l’exploration de ces territoires sont nées des histoires puis des compositions pour petit ensemble instrumental.

 

Pour en savoir plus :

Encadrement

Jean-Philippe UzanNouvelle fenêtre est directeur de recherche au CNRS. Spécialiste de gravitation et de cosmologie, il travaille à l’institut d’astrophysique de Paris. Il est aussi le directeur adjoint de l’institut Henri Poincaré. En marge de ses recherches, il développe des projets pédagogiques ou avec des artistes, tels que la pièce Kant (2005-2009) avec le metteur en scène Étienne Pommeret ou l’installation Vostok (2010) avec le compositeur Eddie Ladoire et le plasticien Joep van Lieshout. Il a écrit plusieurs ouvrages dont certains pour enfants.

 

Fabien Waksman a été formé à la composition par des musiciens tels que Jean-François Zygel, Thierry Escaich ou Guillaume Connesson. Il est l’auteur d’une vingtaine de pièces allant de l’instrument solo au grand orchestre, tout en explorant des domaines tels que l’opéra ou la musique pour choeur d’enfants. Il est professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris depuis 2006. Remerciements Jean-Philippe Uzan et Fabien Waksman tiennent à remercier Richard Pineault pour la séance d’improvisation théâtrale qu’il leur a fait « subir » en début de projet. Ils remercient également tous les interprètes pour leur disponibilité lors des répétitions et leur participation bénévole à ce projet, ainsi que le Conservatoire de Paris pour avoir permis la création de ce spectacle.

 

Conservatoire national supérieur de musique et de danse de musique de Paris (CNSMPDP) Nouvelle fenêtre

Institut d’astrophysique de Paris (IAP, UPMC/CNRS) Nouvelle fenêtre

Institut Henri Poincaré (IHP, CNRS/UPMC)Nouvelle fenêtre

Arsaniit - de Nathanel Iselin et Chloé Simha

Quatuor à cordes et percussions

La chorégraphie des rideaux de lumière des aurores boréales, Arsaniit en inuktitut, n’attend qu’une musique pour l’accompagner. Elles trouvent leur origine dans les particules du vent solaire, éjectées par notre étoile et venant bombarder la haute atmosphère après une dans frénétique course rythmée par notre champ magnétique. Verte, rouge, suivant les atomes qu’elles excitent dans ces chocs. Cette pièce suit l’aventure d’un de ces protons, de sa migration pour sortir du Soleil, figurée par une fugue du quatuor à cordes, son voyage dans l’espace en forme de festival de percussions, à son arrivée dans notre magnétosphère et l’émission de la lumière.

  • Multi-instrumentiste précoce, Nathanaël Iselin intègre en 2014 le CNSMDP en Percussions, puis en 2015 en Écriture musicale et en Direction d'orchestre. Il y poursuit ses études, tout en se produisant régulièrement au sein de formations comme l'Orchestre Français des Jeunes (OFJ), l'Orchestre de Limoges et du Limousin (OLIM) ou le Paris Brass Band (PBB).
  • Étudiante en première année en physique et chimie à l'UPMC, Chloé Simha elle joue de la guitare-basse depuis 5 ans et a joué du piano pendant dix ans. Elle a participé à plusieurs concours pour jeunes talents et s'est énormément impliquée dans les activités musicales de son lycée.

Photogramme extrait de vidéos d’aurores boréales, en Norvège © Jean Mouette /IAP-CNRS-UPMC

Biogenèse - de Antonin Tardy et Hanaë Baÿ.

Mezzo, flute, clarinette, marimba et harpe

Les briques élémentaires de la vie ont fort probablement été synthétisées dans des réactions chimiques dans le milieu interstellaire. Des molécules initialement éparpillées dans l’espace et figurées par de petits éléments musicaux parcellaires, s’agrègent autour d’une météorite orbitant autour d’une jeune étoile. La musique se fait plus rythmique. Le chant qui survole le tumulte instrumental est une métaphore de l’eau liquide à l’origine de la vie. Celle-ci apparaît enfin et avec elle, le calme et l’harmonie. La pièce se termine comme elle avait commencé, dans un souffle, à l’image de la vie. Les paroles reprennent les vers de René Char : « La faveur des étoiles est de nous inviter à parler, de nous montrer que nous ne sommes pas seuls ».

  • Après un baccalauréat technique de musique et un parcours au CRR de Paris en saxophone, Hanaë Baÿ devient entrepreneur et sillonne la France durant 2 ans avant de reprendre des études de physique et de chimie à l'UPMC.

Cantate des planètes - de Lazare Lubek et Nadim Kerrou

Quatuor vocal, piano et percussions

Dans un système planétaire en formation, des planétoïdes s’entrechoquent et fusionnent peu à peu jusqu'à former les planètes que nous connaissons. S’inspirant du chant des planètes défini par Johannes Kepler au XVIIe siècle, ce processus débute après un solo de vibraphone par une fugue vocale. La musique se fait violente. « Ah quels chocs ! Ah quels chocs ! ». Après sa formation, chaque planète se présente à nous pour enfin former un choeur mystique représentant le système solaire. L’évolution du langage musical de Bach à Messiaen suit cette dynamique planétaire.

  • Étudiant en 2e année en double licence de mathématiques et physique à l’PMC, Nadim Kerrou continue en parallèle un cursus de piano au conservatoire municipal du XXe arrondissement où il a obtenu son Certificat d’études musicales en 2015.
  • Après des études d’écriture menées auprès de personnalités telles que Isabelle Duha, Pierre Cambourian et Thibault Perrine, Lazare Lubek intègre en 2015 le CNSMDP. En parallèle il étudie le piano au Conservatoire Gabriel Fauré depuis 2007, auprès de Caroline Cren et débute en 2015 l'improvisation au clavier au CRR avec Christophe Mantoux.

Système planétaire en formation, vue d'artiste du disque de β Pictoris. © NASA/FUSE/Lynette Cook Vue d'artiste tirée d’un articleNouvelle fenêtre d'Alain Lecavelier sur le site de l’IAP.

Funky stars - de Valentin Escande et Maria Boukaouma

Soprano, mezzo, ténor, violoncelle et piano

Echo et Narcisse unissent pour toujours son et lumière. Peut-on voir les sons et entendre les couleurs? En suivant les pas de Klee et Scriabine, Funky stars revisite ce thème en nous présentant trois étoiles : Sirius, une étoile chaude de couleur bleue, eta-Carena, une hypergéante jaune et beta-Pictoris, une naine rouge. Cette pièce prend la forme d’une chanson rythmique avec des couplets de couleurs différentes et un refrain funky.

  • Étudiante en licence de physique-chimie à l'UPMC, Maria Boukaouma aspirait d'abord à la médecine avant de se réorienter en physique et ingénierie, avec un intérêt particulier pour la robotique et l'électronique tout en gardant un fort attachement aux sciences du vivant. Elle pratique le piano et le dessin.
  • Élève en écriture au CNSMDP, Valentin Escande s’est vu attribuer une bourse d'études du Fonds de Tarrazi. Il est licencié en musicologie, titulaire de deux DEM du CRR de Lyon et pianiste. Il travaille également l’improvisation au conservatoire du XIVe avec Cyrille Lehn.

Un pulsar, qui pourrait être une source de rayons cosmiques à très haute énergie, vue d’artiste. © NASA/Goddard Space Flight Center Conceptual Image Lab tirée d’un articleNouvelle fenêtre de Kumiko Kotera sur le site de l’IAP.

Attracteurs étranges - de Pierre Carré et Marie Lecomte

Clarinette et vibraphone

À la fois manifestations d'une forme d'ordre et fruits du chaos, les attracteurs étranges sont des configurations vers lesquelles évoluent certains systèmes chaotiques. Omniprésents dans de nombreux champs de la physique, on les retrouve notamment en météorologie, en chimie ou encore en astrophysique. Dans la lignée de certaines oeuvres contemporaines, qui utilisent des processus mathématiques comme matériau générateur de l’oeuvre, Attracteurs étranges utilise l’équation logistique pour créer sa matière première. Le jeu entre les deux instruments reconfigure en permanence les éléments musicaux, et, des équilibres instables résultant, fait surgir l'inattendu.

  • Élève au CNSMDP en classes d'écriture et d'analyse musicale depuis 2014, Pierre Carré poursuit en parallèle une formation scientifique par un Master de mathématiques appliquées à l'UPMC. Notamment influencé par le travail des Iannis Xenakis et Edgard Varèse, il s'intéresse au rapport entre sciences et musique sous toutes ses formes.
  • Étudiante en physique et en mathématiques en licence à l’UPMC, Marie Lecomte a effectué des recherches en océanographie à University College London et à McGill University, portant sur la propagation des tourbillons océaniques.

Le grand sadique à tout casser - de Florestan Labourdette et Pierre Carré

Quatuor vocal, piano et tambour Les rayons cosmiques bombardent la haute atmosphère en continu. Ils se désintègrent en une gerbe de particules très énergétiques. La violence de ces désintégrations est poétisée par un texte dadaïste que Jean Arp a écrit en réaction au régime nazi : Le grand sadique à tout casser (1942). Il met en scène un être qui, depuis sa « haute fenêtre », commence par jeter quantité d’objets hétéroclites, puis sa chevelure, ses mains, ses pieds, pour finir avec « tout ce qui reste encore de lui-même ». La dislocation psychique que révèlent à la fois les « élans diaboliques » et les pulsions obsessionnelles du grand sadique trouvent son écho musical dans deux aspects de l’écriture : une rythmique ponctuée de puissants accents, mais aussi un statisme harmonique souvent accompagné d’éléments mélodiques figés. Le court motif de plainte qui traverse toute cette pièce jusqu’à son extrême fin l’installe définitivement dans un climat d’étrangeté et d’angoisse.

  • Florestan Labourdette est étudiant au CNSMDP dans les classes d’écriture et d’analyse musicale avec Fabien Waksman et Claude Ledoux, ainsi qu’au Conservatoire de Versailles dans la classe de piano de Michaël Guido. Il a obtenu une double licence « Sciences et Musicologie » à l’UPMC et prépare actuellement un Master 2 de musicologie sous la direction de Philippe Cathé.

Métaphores de la lumière - de François Delecluse et William Wharmby

Quatuor à cordes, flute, marimba et harpe

Selon la mécanique quantique, la lumière a une nature double, onde et matière. Elle révèle une face différente selon l’expérience qui la questionne. Métaphores de la lumière repose sur le dispositif expérimental des fentes d’Young, expérience emblématique de la mécanique quantique, où certains y voient les signes de l’existence d’univers parallèles. La dualité entre onde et corpuscule se traduit musicalement motifs de caractère legato ou extrêmement secs et rythmiques. Les propriétés ondulatoires correspondent à un jeu sur les différents paramètres du son et sur les modes de jeu instrumentaux que l’on va retrouver tout au long de la pièce.

  • Titulaire de plusieurs prix du Conservatoire de Paris, François Delecluse y poursuit des études d’harmonie. Il prépare actuellement une thèse de doctorat à l’université Jean Monnet de Saint-Étienne sur le processus de création de Claude Debussy, sous la direction de Denis Herlin (CNRS, IReMus) et Yves Balmer (ÉNS de Lyon/CNSMDP).
  • William Wharmby est étudiant en double licence de physique et de mécanique à l'UPMC. Passionné à la fois par les sciences et la musique, il pratique le piano et chante dans l’ensemble choral dirigé par Benoît Reeves, la Clef des Chants.

Spacetime Oddity - de Julien Naudin et Cécile Crapart

Soprano, ténor, piano, synthétiseur, et percussions

L’espace et le temps sont courbes. C’est ce que nous a révélé Albert Einstein il y a un siècle. Distordant les fréquences, la gravité affecte les signaux échangés par des astronautes. Effet faible sur Terre, les trous noirs l’amplifient. En hommage à David Bowie, Spacetime Oddity met en scènes deux ambassadeurs de la Terre, partis à la découverte du cosmos, tel un space opera dans un univers musical entre classique, jazz et heavy metal, accompagnés par un synthétiseur et des percussions.

  • Cécile Crapart est étudiante en deuxième année de licence « Frontières du Vivant » au Centre de Recherche Interdisciplinaire et à l'université Paris Descartes. Lors de l'université d'été organisé par l'université d'Harvard à Paris en 2015, elle a développé un projet de réaménagement de la Petite Ceinture de Paris à partir d'une analogie en biologie. Elle aime croiser les sciences et la musique, passion qu'elle cultive par la pratique du piano.
  • Issu d'une famille d'agriculteurs près de Blois, Julien Naudin commence l'apprentissage de la batterie et s'intéresse au rock, au métal, au jazz et aux musiques militaires. Après son bac, il débute ses études au conservatoire de Blois. Après deux années d’études dans la classe de Pierre Pincemaille à Saint-Germain-en-Laye, il est admis au conservatoire de Paris. Il épaule son père sur l'exploitation agricole et son rêve est de devenir professeur de musique dans sa région afin de concilier ces deux activités, d'apparence si différentes et pourtant si proches.



07/04/16