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Quelle est la profondeur des crépuscules ?

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Quelle est la profondeur des crépuscules ?

Selon une étude de l’université de Chicago, les personnes âgées croient beaucoup plus en l’existence d’un dieu que les jeunes. Y doit-on voir l’expression d’un mouvement général de retrait du religieux ou la confirmation que le besoin d’un réconfort théologique augmente avec l’avancée en âge ? S’il est difficile de trancher car la situation des religions varie selon les pays et les cultures, le souci spirituel, au-delà de la seule foi, semble s’accroître avec l’approche de la mort. De Babylone à la Chine, de l’Égypte au Japon en passant par la Grèce antique, et jusqu’à nos jours, la vieillesse est décrite comme un naufrage vers une déchéance inéluctable ou, au contraire, célébrée en saveur automnale comme une promesse de salut. C’est l’âge spirituel par excellence… avec ou sans dieu.

 

Le pouvoir du religieux

Si les autres étapes de la vie ne sont pas hermétiques au religieux, il semble que le dieu qui aide à grandir n’est pas tout à fait le même que celui qui aide à mourir, ou du moins à penser sa vieillesse et sa mort. Les religions sont un discours puissant et cohérent qui accompagne l’existence du berceau à la tombe, voire au-delà, alors que l’athéisme bien moins « performant », analyse les étapes de la vie sous le prisme du seul développement biologique.

 

La possible corrélation entre vieillesse et croyance

Pour Nietzsche, on croit à ce qu’on a besoin de croire ; aussi, quand la mort se profile, l’éternité divine n’est-elle pas sans séduction. Pour le monothéisme et notamment le christianisme, les épreuves de la vie, qui augmentent avec l’âge, - la maladie, la souffrance, le deuil d’êtres chers -, ont une vertu : elles nous sortent de la quotidienneté irréfléchie avec laquelle nous vivons le plus souvent. Elles favorisent la prise de conscience de la finitude. La vieillesse est donc propice à l’entrée dans l’espérance, en ce sens qu’elle est une « retraite » hors de ce que le monde a de plus futile. Une retraite propice au recueillement, prélude au salut lui-même. Et il y a peut-être la place, entre la chaleur un peu étouffante d’une religion et la lucidité glacée du matérialisme, pour une autre philosophie de la vieillesse… par-delà la grâce et la malédiction.



28/07/14