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[Théâtre de l'Odéon] Vu du pont d’Arthur Miller

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[Théâtre de l'Odéon] Vu du pont d’Arthur Miller

hazart

 

Vu du pont
d'arthur Miller

Odéon théâtre de l'Europe - Ateliers Berthier
Le 17 octobre 2015 Par Philippe

 

"Vu du pont, ou l’histoire d’une famille qui se détruit peu à peu. Celle d’un oncle, père de substitution, qui ne peut se résoudre à laisser partir sa nièce ; d’une fille qui devient femme, et tombe amoureuse d’un cousin fraîchement débarqué d’Italie ; d’un immigré italien venu chercher l’eldorado sur la terre promise, d’une femme mariée qui se sent vieillir et délaissée par son mari.

 

La pièce se passe dans le New York des années 50, dans le milieu modeste des dockers de Brooklyn, avec pour toile de fond la galère des migrants fuyant l’Europe de l’après guerre. Mais le lieu, l’époque et le contexte social importent peu. D’ailleurs la pièce ne s’encombre d’aucun accessoire ni décor, comme pour focaliser l’attention des spectateurs uniquement sur les conflits relationnels entre les personnages. Les acteurs évoluent quasiment en huit clos sur un plateau vide. L’espace scénique, réduit à une fine bande rectangulaire, au centre de la salle, est entouré de spectateurs de tous les côtés, donnant l’impression encore plus vive d’être plongé au cœur de la tragédie familiale. Le seul personnage extérieur à la famille, évolue entre la scène et les gradins, rythmant la pièce de ses passages narratifs, et apporte une certaine originalité à la dramaturgie.

 

Mais après un début plutôt engageant, la pièce, tourne rapidement au psychodrame, exposant à n’en plus finir les affres d’une famille, pourtant confrontée aux étapes « naturelles » de la vie : la fille qui grandit et échappe à l’influence de ses parents, qui ne font plus le poids face au premier grand amour, le couple qui s’essouffle et ne sait plus comment s’aimer. Au lieu de traiter ces questions avec sincérité et simplicité, l’intrigue déraille en un grand déballage psychologique : pulsions incestueuses, homosexualité refoulée, jalousie de la mère pour sa fille. 

 

Sans vraiment réussir à touche ou déranger, l’atmosphère devient de plus en plus pesante, mais de cette pesanteur exaspérante, qui réduit le public au voyeurisme. Le pseudo réalisme se perd dans des dialogues stériles et des monologues verbeux,  où les personnages finissent par se rouler par terre pour exprimer leur profonde détresse. On n’est pas très loin des émissions de téléréalité qui pour exalter le spectateur exagèrent à l’excès des petites histoires d’hommes, et ou tout devient extrêmement pathétique.

 

Arrive sans surprise le dénouement terrible, où l’on en vient aux mains, aux coups et au sang. La mise en scène finale rassemble tous les ressorts tragiques nécessaires pour signifier une dernière fois au spectateur qui ne l’aurait pas encore compris, l’horreur de ce qui s’est joué ce soir sous ses yeux. Il faut toutefois reconnaître que l’image finale est esthétiquement très réussie : une pluie ocre s’abat sur la mêlée des personnages figés au centre du plateau, tandis que résonne dans la salle un air d’opéra italien. 

 

Malgré les grands renforts de mots et de cris déployés, on sort quelque peu indifférent sans avoir ressenti ce précieux frisson que le théâtre devrait pourtant chaque fois nous apporter."

 

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27/10/15