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[Danse] Puzzle

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[Danse] Puzzle

Puz / zle
Philhamonie de Paris

de Sidi Larbi Cherkaoui

 

Par Francesca et Clémentine

 

Au début on est un peu surprises de voir ce décor fait de pierres imbriquées aux formes géométriques, ces danseurs vêtus de noir de la tête aux pieds arriver de tous les côtés pendant qu’une vidéo pas vraiment claire est projetée sur une pierre rectangulaire qui fait office de mur. On voit les danseurs s’agiter sur scène, tantôt faisant des mouvements circulaires, tantôt fonçant dans le mur : ils paraissent seuls et perdus. 
Puis le puzzle prend forme, les danseurs s’entraident pour faire tomber le mur et façonner le monde, ils ne font plus qu’un ; c’est peut-être de cette façon qu’ils réussiront à avancer, à faire changer les choses. Ils assemblent et défont les décors au fil du spectacle pour atteindre une cohérence scénique avec leurs performances, également accompagnées musicalement.
Car si on définit ce spectacle comme étant un spectacle de danse, la musique, représentée par un ensemble harmonique constitué d’hommes, une chanteuse à la voix remarquable et un flutiste, tient elle aussi largement sa place et nous plonge dans un univers morose que seuls les danseurs peuvent combattre s’ils font le choix de s’allier. Nous avons été d’avis qu’elle avait autant son importance que la danse, que les deux arts se complétaient ici à merveille et qu’aucun ne faisait d’ombre à l’autre.
Au fil des scènes donc, Sidi Larbi Cherkaoui nous propose des performances variées, de danseurs seuls, à deux ou à plusieurs, qui disposent les pierres et jouent pleinement avec elles afin de varier les décors et de nous plonger dans des atmosphères différentes. Il choisit d’ailleurs par ce biais de nous présenter des scènes qui jouent avec les émotions du spectateur, certaines terriblement belles sur la solidarité humaine face aux problèmes d’aujourd’hui, d’autres très tristes sur la solitude humaine, enfin certaines beaucoup plus dures dont la visée est simplement de dénoncer des pratiques qui sont encore actuelles dans certains pays : la lapidation, la guerre, l’usage dangereux des armes…
Nous avons aussi eu l’impression qu’il y avait une cohérence historique, notamment par le biais d’un système d’adéquation entre les décors et les costumes, qui évoluent au long du spectacle : un décor épuré et des costumes noirs pour représenter la création du monde, des toges et des temples pour représenter la période antique, des murs de tags et des habits modernes pour représenter la période actuelle. 
Le metteur en scène exprime donc l’évolution du monde à travers l’art, et nous, on a adoré. Le clou du spectacle aura probablement été cette statue vivante qui se balade sur scène vers la fin de la représentation et qui finit souillée au niveau du cœur, recouverte de tags que l’on associe aux conflits d’aujourd’hui, notamment en Moyen-Orient. 
Seule partie du spectacle peut-être un peu moins intéressante : les danses en solo, qui étaient un peu moins esthétiques, et qui, si l’on interprète la visée du spectacle comme nous l’avons fait, n’aident pas vraiment à faire avancer l’intrigue et ne servent que de « balance » pour éviter un trop plein sur scène. Mais nous avons jugé qu’il n’y en avait pas besoin outre mesure. 
Il s’agit donc d’un spectacle très intéressant, que nous conseillons vivement, dont les performances artistiques, tant du côté de la danse que du côté de la musique nous ont impressionnées et dont le parti pris ne peut que toucher ses spectateurs.

 



31/10/16