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Jean-Michel Foidart

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Marc Zamansky, dernier doyen honoraire de la faculté des sciences de Paris

La matérialisation de la pensée scientifique au coeur de Paris

En 1941, élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm, alors qu’il est encore étudiant, Marc Zamansky entre dans la résistance en intégrant le réseau Mithridate et s'engage dans les Forces françaises libres. Il est arrêté en 1943 et ...

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Quelques dates

  • 1968 : éclatement de la Faculté des sciences
  • 1971 : création de "l'université Paris 6"
  • 1974 : Paris 6 devient "université Pierre et Marie Curie"
  • 2007 : "UPMC", nom officiel de l'université

Jean-Michel Foidart

Jean-Michel Foidart

Jean-Michel Foidart est un gynécologue-obstétricien, qui allie une carrière de chercheur et une responsabilité clinique de grande envergure. Sa notoriété est liée à ses travaux fondamentaux sur la matrice extracellulaire des tissus reproducteurs et des cancers gynécologiques de la femme. Il est un expert de l’éclampsie, de l’implantation et de la prolifération des cancers du sein. Titulaire au Collège de Belgique, il a reçu de nombreux prix belges et internationaux, dont le grand prix du Fonds de la recherche scientifique belge en 2005. Il préside actuellement le Collège « Mère-Nouveau Né » qui conseille le ministre de la Santé en matière de médecine de la reproduction.

Ce doctorat honoris causa vient récompenser l’ensemble de vos travaux dans les domaines de la gynécologie-obstétrique et de la cancérologie. Quelles sont vos priorités de recherche actuelles ?

JMF - Lors de ces dix dernières années, nous avons particulièrement étudié l’angiogenèse normale et pathologique au cours de maladies néoplasiques, mais aussi de pathologies précancéreuses et de conditions telles que la dégénérescence maculaire liée à l’âge, l’endométriose ou les placentations anormalement invasives. Une dissection moléculaire des mécanismes contrôlant l’angiogenèse, la lymphangiogenèse et la maturation des vaisseaux, permet de mieux examiner la croissance des organes, le développement embryonnaire et aussi d’identifier les dysfonctionnements des cellules endothéliales et des péricytes au cours de pathologies vasculaires telles que la prééclampsie, le diabète, et l’athéromatose. De tels travaux ont aussi pour vocation ultime d’asphyxier les tumeurs cancéreuses et de mieux contrôler le développement de diverses pathologies bénignes. Nos recherches actuelles visent également à caractériser un nouvel oestrogène récemment décrit : l‘ESTETROL. Cet oestrogène, spécifiquement produit par le foetus humain, est un SERM (Selective Estrogen Receptor Modulator). Contrairement aux autres SERMs de synthèse, cet oestrogène-SERM serait un agoniste spécifique du récepteur « alpha » des oestrogènes. Dans le cas du cancer du sein en particulier, ce SERM se comporte comme un anti-oestrogène, et présente ainsi l’avantage d’inhiber la prolifération des cellules mammaires normales ou cancéreuses. Nos travaux concerneront plus particulièrement la sécurité vasculaire et l’impact de ce nouvel oestrogène physiologique foetal, sur les propriétés des cellules endothéliales, sur le fonctionnement coronarien et sur la prévention des athéromes au cours d’administrations prolongées. Il est donc possible que les oestrogènes, « diabolisés » par certains essais épidémiologiques américains effectués à l’aide d’hormones synthétiques et non-physiologiques, se révèlent finalement des molécules hautement bénéfiques dans le maintien en bonne santé de l’adulte vieillissant.

Vous menez de nombreuses collaborations scientifiques avec des chercheurs et des équipes de l’UPMC. Avec qui travaillez-vous précisément, et sur quels projets ?

JMF - D’importantes relations scientifiques se sont tissées entre mon laboratoire de recherche et le service d’endocrinologie du professeur Philippe Bouchard, aboutissant à la publication régulière de travaux scientifiques précliniques et cliniques. Avec le professeur Bouchard, nous partageons les mêmes passions médicales : l’étude des cibles thérapeutiques des SERMs, et des stéroïdes physiologiques ainsi que des progestatifs et oestrogènes de synthèse utilisés dans les domaines de la contraception et de la ménopause. Au fil des années, une solide amitié s’est nouée entre les membres de nos équipes, en particulier avec le professeur Christin-Maitre, le docteur Nathalie Chabbert-Buffet et surtout le docteur Axelle Pintiaux, gynécologue-endocrinologue liégeoise qui apprécia son séjour de longue durée à Paris sous la conduite du professeur Bouchard. Elle dirige à présent notre clinique de la ménopause. D’autre part, sur le plan de la cancérologie sénologique et de la physiologie mammaire, l’équipe du professeur Serge Uzan, doyen de la faculté de médecine et chef du service de gynécologie-obstétrique à l’Hôpital Tenon, collabore avec nos cliniciens et chercheurs dans le domaine des cancers à haut risque de transmission génétique. Le Centre clinique, créé par le professeur Uzan pour développer la gestion intégrée des familles porteuses de mutations des gènes BRCA1 et BRCA2, a aujourd’hui une réputation internationale. Le docteur Joëlle Desreux bénéficie du soutien du professeur Uzan et de son équipe pour organiser, dans notre université, un centre qui puisse, de manière similaire, intégrer des soins spécifiques et conseiller les patients qui devront en bénéficier. En outre, sur le plan de l’implantation embryonnaire, de la vascularisation placentaire et de la prééclampsie, le professeur Uzan et moi-même participons à des travaux de recherche communs. C’est son équipe qui découvrit l’action bénéfique de faibles doses d’aspirine dans la prévention de la prééclampsie. Non seulement un brillant doyen, et un chef d’orchestre hors pair de sa faculté de médecine, il est aussi un grand patron clinicien, chirurgien et homme de science, curieux et travailleur acharné. Finalement, au cours de ma carrière, j’ai noué des relations professionnelles et amicales avec de nombreux collègues de l’UPMC. Citons le professeur Tabassome Simon qui travaille au service de pharmacologie de l’Hôpital Saint Antoine, et les brillants obstétriciens, le professeur Jacques Milliez et le professeur Bruno Carbonne.

Comment percevez-vous la position de l’UPMC dans le paysage international de l’enseignement supérieur et de la recherche ?

JMF - L’université Pierre et Marie Curie est la première université de France. Elle est un fleuron qui rayonne bien au-delà de Paris, à travers la France et toute la Francophonie. L’anglais s’est certes imposé comme outil de dialogue scientifique intercontinental. Toutefois, la pensée scientifique et médicale bénéficie grandement de la curiosité latine, de la qualité exemplaire de l’enseignement et des unités d’excellence de l’UPMC. Il est donc extrêmement important que des relations structurées puissent être organisées au niveau de l’enseignement supérieur et de la recherche entre les États européens. Les programmes ERASMUS, les programmes d’échanges scientifiques et les programmes d’investissements, de mobilité des scientifiques, des étudiants et des chercheurs révolutionnent notre conception de l’apprentissage et de l’acquisition des compétences. C’est en confrontant nos pédagogies, nos recherches respectives, nos procédés d’enseignement entre universités d’excellence que nous pouvons remettre en question nos certitudes, progresser, et permettre l’avènement de générations scientifiques, médicales, et intellectuelles meilleures, mieux armées dans le paysage économique européen, mais aussi social et éthique, pour devenir les citoyens d’une Europe unie, respectueuse de ses différences.

Que représente pour vous cette distinction de docteur honoris causa ?

JMF - La distinction de docteur honoris causa est une source de reconnaissance. Elle doit inciter à la modestie. En effet, elle récompense une équipe plus qu’un seul homme. Un docteur honoris causa ne peut qu’espérer que ses collaborateurs de la nouvelle génération le dépassent, condition essentielle de progrès et d’investissement dans un futur meilleur. L’université de Liège, mon département de gynécologie-obstétrique, mon laboratoire de recherche et les équipes parmi les meilleures de France au sein de l’UPMC, trouveront dans cette distinction un trait d’union supplémentaire unissant les collaborations scientifiques, le respect humain et l’amitié fraternelle non seulement entre les « patrons » mais aussi entre les équipes de chercheurs et de doctorants, pour le plus grand bien de nos patients et des malades qui sont avant tout l’une de nos préoccupations essentielles.



18/03/10