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Bilal Haq

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Marc Zamansky, dernier doyen honoraire de la faculté des sciences de Paris

La matérialisation de la pensée scientifique au coeur de Paris

En 1941, élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm, alors qu’il est encore étudiant, Marc Zamansky entre dans la résistance en intégrant le réseau Mithridate et s'engage dans les Forces françaises libres. Il est arrêté en 1943 et ...

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Quelques dates

  • 1968 : éclatement de la Faculté des sciences
  • 1971 : création de "l'université Paris 6"
  • 1974 : Paris 6 devient "université Pierre et Marie Curie"
  • 2007 : "UPMC", nom officiel de l'université

Bilal Haq

Le moment phare

Mon choix de carrière le plus important a été de travailler sur la stratigraphie dans le monde entier pour documenter les changements qui se sont produits au niveau des mers. Les résultats de cette recherche ont touché de nombreux domaines de la géologie de la géodynamique à la paléoclimatologie et de l’océanographie.

Le prochain défi

Le prochain défi est de concilier les divergences de vues entre les communautés de géologie sédimentaire et géophysique sur le sujet de la stratigraphie mondiale et eustasie. Leurs points de vue commencent à converger et nous commençons à mieux nous comprendre mutuellement. Ce ne sera pas long avant que nous ayons une vue unifiée du fonctionnement de la Terre.

L'UPMC et moi

J’ai passé une année sabbatique à l’UPMC il y a de nombreuses années et j’ai eu l’honneur d’être nommé professeur agrégé de recherche au sein de cette même université. Depuis, j’ai eu l’occasion de travailler avec des équipes de l’UPMC et j’espère continuer plus activement à l’avenir. J’aimerais y consacrer 50 % de mon temps.

Ma devise

Il ne faut jamais avoir peur de se poser les questions difficiles. Défiez vos professeurs et leurs idées, demandez-leur des preuves de leurs opinions. Cela les aide ainsi à devenir de meilleurs enseignants. La science doit être la poursuite incessante de la vérité ! 

 

Éloge du professeur Bilal Haq

Présenté par Maurice Renard, professeur émérite

 

C'est un grand plaisir pour moi de présenter aujourd'hui le professeur Bilal Haq qui est non seulement un grand ami de l'UPMC mais aussi un des plus éminents chercheurs dans le domaine des géosciences marines.

 

Le professeur Haq a une relation très ancienne avec la France et l'UPMC puisque nous nous sommes connus au cours de l'année 1979 qu'il passa comme professeur invité au laboratoire de Géologie des bassins sédimentaires alors dirigé par Charles Pomerol. Depuis, il n'a pas cessé de développer des coopérations avec les chercheurs français et plus particulièrement avec des membres de l'université Pierre et Marie Curie dont il est professeur associé de recherche depuis 2010.

 

La caractéristique du parcours de Bilal est d'avoir réussi une triple carrière : dans la recherche académique (notamment à l'institut océanographique de Woods Hole), dans la recherche industrielle pétrolière (au département recherche d'Exxon) et dans l'administration de la recherche au niveau international en tant que directeur des géosciences marines à la National Science Foundation.

 

Je crois qu'on ne peut pas comprendre Bilal Haq sans intégrer son côté « citoyen du monde ». Son cursus de formation est impressionnant et préfigure l'impact international qu'il aura par la suite. Bilal est né en 1948 dans une région indienne de l'Himalaya, il fait ses études primaire et secondaire au Pakistan. Il obtient ensuite son diplôme de géologie à l'université de Vienne en 1965 et passe la même année un diplôme d'allemand à l'université d'Heidelberg. Il intègre ensuite l'université de Stockholm où il soutient son PhD en 1967 et son doctorat de sciences en 1972 avant de devenir chercheur à Woods Hole aux USA. Un tel parcours explique qu'il parle l'anglais, l'allemand, le suédois, l'urdu, le hindi le penjâbi et qu'il a des notions de français et de norvégien.

 

D'un point de vue scientifique Bilal est à l'origine un micropaléontologiste, spécialiste du nanoplancton calcaire, discipline pour laquelle il va très vite acquérir une renommée internationale. Cette activité sera ponctuée par la publication en 1978, en collaboration avec Anne Boersma, une spécialiste des foraminifères, d'un ouvrage de synthèse Introduction to Marine Micropaleontology qui sera la bible de tous les micropaléontologistes pendant des années et qui sera réédité à la demande des utilisateurs en 1998. Cette spécialisation vers le plancton l'entraîne tout naturellement vers la géologie marine. Il dirige alors de nombreuses campagnes océanographiques dans le cadre des différents programmes de forages océaniques.

 

Bilal comprit très vite que la micropaléontologie ne devait pas être un but en soi et que la véritable problématique était la compréhension de l'agencement spatio-temporel des séries sédimentaires sur les marges océaniques. Son activité évolue alors vers la paléo-océanographie, la paléoclimatologie et la stratigraphie sismique.

 

Avec Peter Vail et l'équipe Exxon, il participe à la grande aventure scientifique de la stratigraphie séquentielle, concept qui fait jouer aux fluctuations du niveau marin un rôle prépondérant dans l'organisation des dépôts sédimentaires. Ce concept a profondément renouvelé la recherche en géologie sédimentaire au cours des trente dernières années, tant sur le plan académique en apportant un cadre commun de réflexion à toutes les disciplines de la géologie sédimentaire que sur le plan industriel, où son caractère prédictif en a fait un outil pour la localisation des gisements potentiels d'hydrocarbures.

 

En 1987, Bilal Haq publie, avec ses collaborateurs, la charte des variations du niveau marin au cours des 250 derniers millions d'années. Cette publication fait partie de la liste des 100 publications qui ont eu le plus d'influence sur le développement des sciences de la Terre. Bilal se retrouve dans cette liste en compagnie de quelques chercheurs aussi importants que Lyell, Darwin, Hutton ou Milankovitch. Cette publication a aussi nourri la recherche internationale par les controverses qu'elle a suscitées notamment au niveau de l'amplitude des variations de niveaux marins proposées.

 

Plusieurs programmes internationaux, une centaine de thèses ont eu pour but de tester la validité du modèle de Haq et de ses collaborateurs. L'impact de ses recherches a dépassé le seul domaine sédimentaire puisque la géophysique a montré que la variabilité régionale observée est liée à une modulation par des subsidences ou des élévations différentielles en réponse à des flux mantelliques à travers l'asthénosphère.

 

Je ne ferai pas l'énumération des titres et distinctions de Bilal Haq qui sont nombreux et prestigieux, je dirai simplement pour conclure qu'il a été un des directeurs de département de la National Science Foundation les plus actifs et qu'il a joué un rôle majeur dans le développement des géosciences marines. Ses pairs de l'Union géophysique américaine ont d'ailleurs tenu en 2004 à lui rendre hommage en lui décernant la médaille Shepard pour ses « extraordinaires contributions et services aux sciences de l'océan ».

 

Enfin, dans le cadre de son activité à l'Unesco et à la Banque mondiale il joue aussi un rôle sociétal important pour les pays en cours de développement en pilotant ou en initiant une série de programmes qui étudient sur l'impact de la montée du niveau marin sur l'économie de ces pays.

 

C'est donc un grand honneur pour l'UPMC d'accueillir le professeur Bilal Haq au sein de sa communauté des docteurs honoris causa. Merci Bilal pour ton amitié et ton attachement à notre université et à notre pays.



10/12/13