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Anne L'Huillier

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Marc Zamansky, dernier doyen honoraire de la faculté des sciences de Paris

La matérialisation de la pensée scientifique au coeur de Paris

En 1941, élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm, alors qu’il est encore étudiant, Marc Zamansky entre dans la résistance en intégrant le réseau Mithridate et s'engage dans les Forces françaises libres. Il est arrêté en 1943 et ...

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Quelques dates

  • 1968 : éclatement de la Faculté des sciences
  • 1971 : création de "l'université Paris 6"
  • 1974 : Paris 6 devient "université Pierre et Marie Curie"
  • 2007 : "UPMC", nom officiel de l'université

Anne L'Huillier

Les moments phares

J’ai eu deux moments clés dans ma carrière : en 1987 au CEA à Saclay, nous avons observé les premiers harmoniques d’ordre élevé dans un gaz d’atomes d’argon. Le second était en 2003 à Lund, lorsque nous avons observé des preuves d’impulsions attosecondes ultracourtes, et nous avons compris comment les rendre encore plus courtes. Ces expériences restent gravées en vous pour toute une vie.

Le prochain défi

Le prochain défi est de faire une nouvelle physique avec ces impulsions attosecondes, qui à son tour peut mener ensuite à d’autres découvertes.

L’UPMC et moi

J’ai de bons contacts à l’UPMC et une collaboration durable et fructueuse avec Alfred Maquet et son groupe (laboratoire de Chimie physique - matière et rayonnement).

Ma devise

Suivez votre intuition et vos sujets de prédilection. La physique n’a jamais été aussi passionnante qu’aujourd’hui, avec beaucoup de choses à étudier et à découvrir ! 

 

 

Éloge du professeur Anne L'Huillier

présenté par Paul Indelicato, vice-président Recherche et innovation

 

Chercheuse franco-suédoise entrée à l'ENS de Fontenay aux Roses en 1977, agrégée de mathématiques en 1980, elle se lance dans la physique des lasers ultrarapides dans le groupe de Gérard Mainfray and Claude Manus au sein du service des Photons atomes et molécules (le SPAM !) au centre de recherche du CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) de Saclay. Elle passe sa thèse à l'UPMC en 1986 et obtient un poste permanent au CEA la même année. Elle fait des séjours à l'Institut Chalmers de technologie à Göteborg en 1986, à l'université de Californie du Sud à Los Angeles en 1988 et au Lawrence Livermore National Laboratory en 1993. En 1995 elle devient Associate Professor à l'université de Lund, puis professeure de physique atomique en 1997. Elle prendra 2 ans de congé parental pour la naissance de ses deux enfants.

 

Son travail concerne d'abord la génération d'harmonique dans des gaz par des lasers intenses. Un laser puissant avec des pulses ultracourts interagit dans un gaz et provoque la création d'impulsions lumineuses avec des fréquences doubles, triples... du laser incident. Ceci permet de transférer les propriétés remarquables de la lumière laser à des fréquences plus élevées, passant par exemple de l'infrarouge à l'ultraviolet lointain.

 

Elle joue un rôle de pionnière dans le domaine. La thématique émergente de « l'attophysique » est née dans les années 2000. L'« attoseconde » (1 as=10-18 s) est l'échelle de temps caractérisant la dynamique des transitions électroniques au sein des atomes et molécules. Ce domaine temporel a été longtemps considéré comme inaccessible à l'expérience. Dans une deuxième partie de sa carrière, Anne L'Huillier a joué un rôle majeur pour réaliser des mesures physiques mettant en évidence la faisabilité de suivre en «temps réel» une transition électronique. Elle a utilisé ce qu'elle avait développé pour générer des pulses laser encore plus courts, entrant dans ce domaine des attosecondes. On atteint désormais des pulses lasers dont la durée est de l'ordre de 100 milliardième de milliardième de seconde. Ces impulsions ultracourtes ont tenu toutes leurs promesses et permettent d'observer des phénomènes naturels extrêmement courts, de suivre le mouvement des électrons dans les molécules, les atomes ou les semi-conducteurs, avec des applications en biologie et en technologie.

 

Pour ceux qui aiment la bibliométrie, elle a 170 publications (« vraies »), citées au total 10 178 fois, avec un facteur h assez exceptionnel en physique de 49 sur web of science et encore mieux sur Google scholar (57 !).

 

Les expériences conduites au SPAM du CEA par Anne L'Huillier dès les années 1980, ont motivé des études théoriques sur plusieurs aspects fondamentaux des interactions atome-laser dans le domaine des hautes intensités. Les relations suivies établies entre le CEA et l'UPMC, notamment par l'intermédiaire du groupe animé par Alfred Maquet au laboratoire de Chimie physique-matière et rayonnement (LCPMR), ont permis d'élucider des aspects essentiels régissant ces interactions.

 

Après l'installation d'Anne L'Huillier à Lund la collaboration entre son groupe et l'UPMC s'est maintenue et développée. L'équipe du LCPMR a apporté une interprétation théorique (soutenue par des simulations) des expériences « de pointe » effectuées à Lund. Très récemment, cette fructueuse collaboration a donné lieu à plusieurs publications de niveau international, consacrées à la mesure de délais « attoseconde » observés en photoionisation. Grâce à cette coopération, les deux équipes de recherche ont apporté des contributions considérées comme majeures au domaine émergent de « l'attophysique ».

 

Cette créativité remarquable a été récompensée par de nombreux prix :

Elle obtient le prix Aimé Cotton de la Société française de physique en 1990 puis une longue série de prix prestigieux, commençant par le « Göran Gustafsson prize of the Royal Swedish Academy of Sciences (Physics) » en 1998. Elle est nommée Fellow de l'American Physical Society (reconnue comme faisant partie des 0.5 % des membres les plus innovants) « for pioneering the understanding and development of high-order harmonic generation by short laser pulses in atomic gases ».

 

 Elle reçoit en 2003 le prix Julius Springer pour la physique appliquée avec F. Krausz, « for the prediction and experimental realization of attosecond pulse trains using high harmonics ». Elle est élue en 2004 à l'Académie royale des Sciences de Suède en physique.

 

Elle obtient un “Advanced senior grant from the European Research Council” en 2008. En 2011 elle est distinguée par le prestigieux prix L'Oréal-Unesco pour les femmes de science « for her pioneering experimental and theoretical contributions to harmonic light generation as a base technology for attosecond science ». Elle est faite Chevalier de la Légion d'honneur en 2011 et élue à l'Académie royale de Suède en Sciences de l'ingénieur en 2012.

 

Enfin en 2013, elle a reçu le Carl Zeiss Research Award et le Blaise Pascal Award de l'académie des sciences européenne.

 

Nous sommes fiers de vous décerner le titre de docteur honoris causa de l'UPMC. Nous vous témoignons ainsi toute notre reconnaissance pour la qualité de vos travaux qui a fait progresser la physique et pour votre fidélité de longue date envers l'UPMC.



10/12/13