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, soit à la 6e place européenne après Cambridge (4e), Oxford (10e), University College London (21e), École polytechnique fédérale de Zurich (23e) et Imperial College London ...
Christine Petit, première scientifique à avoir identifié les gènes de la surdité
Christine Petit est la lauréate du Grand Prix Inserm de la recherche médicale 2007 pour l’identification des causes héréditaires de la surdité et le déchiffrage de la physiologie moléculaire de la cochlée, organe sensoriel de l’audition. Directrice de l’unité Inserm UMRS 587 « Génétique et Physiologie de l’Audition » à l’Institut Pasteur, Professeure au Collège de France où elle est titulaire de la chaire de « Génétique et physiologie cellulaire », directrice du département de Neuroscience de l’Institut Pasteur et membre de l’Académie des Sciences depuis 2002, Christine Petit nous parle de ses recherches et des connaissances acquises sur les surdités et le fonctionnement de la cochlée, à l’échelle moléculaire.
Faire le pari de la génétique dans le domaine de la surdité, c’était audacieux : pouvez-vous nous retracer les grandes étapes ?
En 1991, après avoir identifié un gène responsable d’un syndrome qui comporte un déficit de l’olfaction, nous avons examiné l’intérêt de l’approche génétique pour déchiffrer la physiologie moléculaire d’autres systèmes sensoriels. Le constat fut le suivant : les mécanismes moléculaires qui gouvernent le fonctionnement de la cochlée étaient totalement inconnus en raison du très petit nombre de cellules que compte chacun des types cellulaires de cet organe. En parallèle, si certaines familles atteintes de surdité avaient été décrites, aucun gène responsable n’avait été identifié. Dès lors il m’est apparu que si on trouvait le moyen d’accéder à ces gènes, on pouvait escompter comprendre la pathogénie de ces atteintes qui porte le plus souvent sur la cochlée et la physiologie moléculaire de cet organe.
En 1994, nous avons ouvert le champ des surdités héréditaires à l’analyse génétique par l’étude de familles malentendantes vivant dans des isolats géographiques. Aujourd’hui, ce sont près de 45 gènes qui ont été découverts, dont une vingtaine dans notre laboratoire. Tous (sauf un), lorsqu’ils sont défectueux, sont à l’origine d’une lésion de la cochlée. Puis, grâce à une approche multidisciplinaire, nous avons déchiffré les mécanismes moléculaires dans lesquels sont impliquées les protéines codées par les divers gènes de surdité. Nous avons, en parallèle, pu mettre en évidence l’origine majoritairement héréditaire de la surdité sévère chez l’enfant. En ce qui concerne la surdité de la personne vieillissante, on sait maintenant qu’il existe des facteurs de prédisposition génétiques que nous nous attachons à rechercher. De tels facteurs existent aussi pour la surdité due à l’exposition au bruit. Il faut souligner que si les nuisances sonores dans les milieux professionnels exposés sont en règle générale assez bien maîtrisées, il n’en va pas de même des espaces publics et même scolaires, les cantines par exemple.
Des gènes aux traitements : comment envisagez-vous l’avenir ?
Le premier objectif est d’identifier parmi les formes les plus sévères de surdité héréditaire, celles pour lesquelles l’implantation cochléaire devrait être efficace compte tenu de leur pathogénie. L’objectif est aussi aujourd’hui, grâce à l’identification des facteurs génétiques de susceptibilité à la surdité d’apparition tardive, d’en rechercher des traitements préventifs ou curatifs, y compris parmi les médicaments déjà existants. Des approches de thérapies génique et cellulaire sont envisageables à plus long terme.
De tels résultats devraient inciter les étudiants à pousser les portes des laboratoires. Comment les convaincre tout à fait ?
Il faut savoir dire aux étudiants qui ont un double cursus, physique/biologie ou médecine/biologie qu’ils ont la formation appropriée pour relever les défis actuels dans ce domaine scientifique et médical : comprendre à l’échelle moléculaire et cellulaire le traitement de l’information sonore dans l’ensemble du système auditif, comprendre et traiter les atteintes de l’audition. Les très bons spécialistes d’un de ces domaines qui ont un goût pour l’interdisciplinarité scientifique y trouveront une richesse de questions qui peuvent être approchées à différents niveaux dans un échange étroit avec des experts d’une autre discipline.
Le prix attribué cette année rend hommage au travail d’une équipe pluridisciplinaire composée d’une vingtaine de personnes : des généticiens, des biologistes moléculaires, des biologistes cellulaires, des électrophysiologistes, des physiciens, des biochimistes cristallographes : imaginez la richesse des échanges ! La conjugaison d’une recherche fondamentale de haut niveau et d’une recherche à finalité médicale est aujourd’hui non seulement parfaitement réalisable, mais particulièrement fructueuse. La notion d’équipe est très importante : le laboratoire de recherche rattaché à l’Inserm
, situé à l’Institut Pasteur dans le département de Neuroscience, est associé au service d’ORL pédiatrique de l’hôpital d’Enfants Armand-Trousseau et plus récemment à une équipe de l’université Bordeaux-2. Cette organisation favorise le transfert des résultats de la recherche vers les patients. Prévenir et traiter les surdités ne relève plus de la fiction.
Hélène Imbert - 07/07/08



