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Une autre façon d’aborder le son de la ville

Le bruit est une des premières sources de gêne citée dans les enquêtes d’opinion. La chaire Mobilité et qualité de vie en milieu urbain propose d’en dépasser la simple mesure physique, de le considérer comme une source de pollution et de l’aborder sous un angle psychologique. Il en découlera une cartographie du bruit ressenti par les riverains. Décryptage avec Nicolas Misdariis, chargé de recherche au sein de l’équipe perception et design sonore (Ircam/CNRS/UPMC).

« En météo, on parle de température mesurée au thermomètre et de température ressentie en fonction du vent, de l’humidité etc. Pour notre travail c’est la même chose ! » aime à dire Nicolas Misdariis. L’intensité acoustique relevée par un sonomètre n’est effectivement pas directement liée à la sonie, c’est-à-dire à l’intensité acoustique perçue par un individu. Cette dernière prend en compte la physiologie de l’oreille mais également des éléments relevant de la psychologie et de la cognition. « Placez une personne dans une ambiance sonore donnée. Faites émerger un son qui chatouille le sonomètre. Si le cobaye est familier de ce bruit, son cerveau l’intégrera de telle sorte que la gêne sera moins importante que ne le laisse entendre l’instrument ».

Vers de nouveaux indicateurs de mesure

Tout le travail des scientifiques de la chaire consistera donc à trouver des indicateurs psycho-acoustiques tels que la sonie, et à les relier à des indicateurs physiques mesurables. « Pour le moment, on sait dire si x décibels reçues pendant un temps t sont incommodantes ou non. La psycho-acoustique nous permettra d’évaluer précisément cette gêne », explique le chercheur.

Le volet sanitaire de la chaire offre par ailleurs de nouvelles perspectives. « Une personne exposée à une ambiance sonore nuisible peut révéler un certain stress ou des pathologies typiques ». La gêne ressentie pourrait donc être quantifiée par des mesures cliniques ou physiologiques. Le couplage innovant que permet le projet entre métrologie, psycho-acoustique, simulation acoustique et santé encourage les scientifiques à envisager cette piste.

Du laboratoire aux rues de Paris

En l’absence d’appareils capables de mesurer l’intensité acoustique perçue, une partie des travaux aura lieu en laboratoire. Experts en psychologie acoustique et expérimentale s’y relaieront pour vérifier les hypothèses échafaudées à propos des paramètres influant sur la sonie.

Une seconde équipe d’acousticiens, également impliquée dans la chaire, conduira ses expériences dans les rues de Paris sous l’impulsion de Régis Marchiano (équipe Modélisation, imagerie acoustique, Institut Jean-Le- Rond-D’Alembert, UPMC/CNRS). Equipée d’antennes de microphones, elle scannera les ambiances sonores et caractérisera les différentes sources du bruit en partant du principe que ces dernières sont essentiellement liées aux transports. « Les technologies de Régis, couplées à nos indicateurs psycho-acoustiques, nous permettront de modéliser et de proposer une cartographie du bruit ressenti par les riverains », s’enthousiasme le scientifique.

L’expérience débutera à l’échelle d’une rue, puis de plusieurs, puis d’un quartier entier. « Il s’agira d’observer l’évolution du modèle dans un environnement de plus en plus compliqué ». Car si les scientifiques savent prédire la sonie relative à des sons simples, ils n’en sont pas encore capables pour des bruits dont les fréquences et les évolutions temporelles sont très complexes. Ce qui est le cas des sons émis par les transports urbains. « C’est là un des gros challenges scientifiques du projet », conclut Nicolas Misdariis.

Pour aller plus loin :

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Chaire mobilité et qualité de vie en milieu urbain : la force de l'interdisciplinarité

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Crédit photo : Fotolia - Christian Müller



10/04/14