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avis S.Payan sur pollution comparée au tabagisme

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Pollution aux particules fines à Paris : prendre le temps de lire entre les lignes

Une étude publiée le 24 novembre 2014(1) et largement relayée par la presse, compare l’impact sanitaire du pic parisien de pollution de décembre 2013 à celui du tabagisme passif. Chercheur au laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (LATMOS, UPMC/CNRS/UVSQ/IPSL), Sébastien Payan porte son expertise sur l’analyse de l’atmosphère de Paris. Pour lui, l’empressement médiatique autour de ces travaux mérite quelques nuances.                              

« Avec 18 mois de relevés effectués depuis le ballon de Paris, les résultats de Jean-Baptiste Renard (LPC2E, CNRS/université d’Orléans) présentent un intérêt indéniable dans notre domaine de recherche », reconnait Sébastien Payan. « Attention toutefois à ne pas tirer des conclusions hâtives de cette seule série de mesures », tempère-t-il. En effet, l'étude à laquelle a contribué le chercheur orléanais révèle qu'en décembre 2013, l'atmosphère parisienne a concentré jusqu'à 30 fois le taux normal de nanoparticules par litre d'air et la compare à celle d'une pièce de 20m² occupée par huit fumeurs.

Un seul lieu, un seul instrument

Pour étayer ses propos, Sébastien Payan évoque en premier lieu le périmètre de l’expérience, limité au Parc André Citroën, dans le 15ème arrondissement de Paris. « De nombreux chantiers environnent le ballon. Ils émettent des particules minérales que le laser (LOAC(2)) de Jean-Baptiste Renard a très certainement capté. C’est sans doute peu représentatif de l’ensemble de l’atmosphère parisienne », avance le chercheur du LATMOS.

Par ailleurs, l’atout de ce genre d’expérimentation est de s’intéresser aux particules d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres. Celles qui se déposent profondément dans les alvéoles pulmonaires et sont potentiellement pathogènes. « Or nous manquons de données pour l'étalonnage des mesures optiques de type LOAC, déterminant la taille et la nature des particules. Il me semble donc nécessaire de se munir de plusieurs appareils capables de s’inter-comparer (y compris certains complexes à mettre en oeuvre), mais aussi de se baser sur les données fournies depuis plusieurs années par d’autres instruments optiques comme les LIDARS(3) de l’UPMC [plateforme Qualair]Nouvelle fenêtre ».

Ainsi équipés, les scientifiques ont par exemple constaté que la moitié des particules présentes au-dessus de Paris lors du pic de pollution de mars 2014 s’étaient formées à partir de gaz issus d’engrais agricoles. L’autre moitié émanait de l’activité urbaine. « L’air de la ville vient aussi d’autres régions. Bien connaitre la nature de la pollution c’est mieux déterminer son origine et donner aux services publics les moyens d’agir », rappelle le chercheur.

Le dirigeable, formidable plateforme de mesure

Investi dans la chaire Mobilité et qualité de vie en milieu urbain portée par la Fondation UPMC, Renault et PSA, Sébastien Payan développe une méthode et des instruments innovants pour mesurer finement la qualité de l’air (particules, ozone, dioxyde d’azote). En juillet 2014, le chercheur et son équipe survolait Paris en zeppelin et déterminait pour la première fois le taux d’ozone en différents points de la capitale. « Le dirigeable est une formidable plateforme de mesure. Nous avons pu confirmer, par plusieurs ascensions de 150 à 900 mètres au-dessus du sol, notre hypothèse selon laquelle la concentration en ozone varie fortement d’un endroit à l’autre et selon la nature de la zone survolée ».

Gaz à effet de serre, composés organiques volatiles... Sébastien Payan espère à présent embarquer d’autres scientifiques intéressés par l’analyse de diverses émissions polluantes et leur modélisation. Prochain décollage attendu à l’automne 2015.

 

(1) collaboration entre la Mairie de Paris, le CNRS, Airparif, Generali et AérophileNouvelle fenêtre

(2) LOAC : Light optical aerosol counter

(3) LIDAR : Laser detection and ranging

 

Pour en savoir plus :

Prévenir des effets de la pollution sur la santé

Pollution aux particules fines : quel impact sur le climat ?

Les sciences du climat à l'UPMC

 

Crédits photo : UPMC - direction de la communication

 



19/12/14