Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Histoire des études scientifiques de la Terre et de l'environnement, guerre froide, changement climatique, TEUS, Nestor Herran

accès rapides, services personnalisés

Rechercher

Recherche détaillée

Egalement dans la rubrique

Contact

Direction de la communication

 

Marie Pinhas-Diena, responsable de la communication scientifique l T. 01 44 27 22 89 l M. marie.pinhas@upmc.fr

La Terre sous surveillance : changement climatique, géophysique et l’héritage de la guerre froide, TEUS, Néstor Herran

The Earth under surveillance : Climate Change, Geophysics and the Cold War legacy (TEUS)

  Le projet TEUS terminé en 2014 a exploré l'histoire des études scientifiques de la Terre et de l'environnement, en examinant en particulier comment la guerre froide a façonné le financement et les trajectoires de recherche des établissements européens consacrés à la recherche géophysique. Sa contribution la plus originale a été l'accent mis sur l'interaction (et co-création) des géosciences et des programmes de renseignement – analysé grâce à des études de cas menés en histoire de l’océanographie, de la sismologie, de la prospection pétrolière et des ressources stratégiques ainsi que de la surveillance radiologique.

 

Néstor Herran, responsable du projet à l’UPMC. D. R.

 

L'équipe de recherche a étudié ces cas à partir d'une grande variété de sources, y compris des documents d'archives aux États-Unis, en Europe, en Russie et des entrevues avec des scientifiques. D’un point de vu méthodologique l’approche adoptée était l’approche transnationale. Ainsi, les tendances nationales ont été projetées sur le cadre géopolitique plus large, défini par la guerre froide, ce qui a permis d’offrir une compréhension historique des débats contemporains sur le changement climatique et la crise écologique.

 

Résultats escomptés et quelques résultats majeurs

Le projet TEUS a identifié les origines militaires d’importants domaines de recherche et a produit des réflexions sur ses complexes sens et conséquences. La guerre froide a été le contexte dans lequel ont été formulés des problèmes globaux en rapport à la survie de l’humanité (comme la guerre nucléaire) et on les a conçu comme gérables si on disposait des méthodes de surveillance appropriées. Des stratégies de gestion de risque dans la planification de la défense ont été conçues dans le domaine des géosciences et du nucléaire. La compréhension de l’environnement comme élément central des opérations militaires (communications, surveillance, exercices aériens et navals) a stimulé la création de programmes de recherche pour comprendre les changements de l’environnement et la mise en place de réseaux de surveillance pour obtenir des connaissances géophysiques à l’échelle du globe. En particulier, les études produites au sein de TEUS montrent qu’à partir de la fin des années 1960, il y a eu une importante reconfiguration de ces réseaux pour étudier les changements climatiques et environnementaux. On trouverait ainsi que les idées implicites à ces programmes (comme l’idée de « gérabilité ») ont connu une continuité avec les positions de ceux qui proposent des mesures d’adaptabilité et de réparation en opposition à ceux qui défendent des mesures politiques.

 

Les approches managériales au changement environnemental global sont visiblement le résultat de cette tradition de la politique de la recherche qui a ses origines dans la guerre froide et elles ne sont ainsi pas uniquement le résultat de l’action de lobbies industriels. L’existence de cette tradition a joué un rôle important dans la formulation des approches politiques contemporaines pour lutter contre le réchauffement global et elle a été responsable, au moins en partie, pour la résistance à prendre des mesures plus radicales sur le changement climatique pendant ces deux dernières décennies. On peut spéculer donc si le changement générationnel, qui éloignera les responsables de la gestion de la guerre froide de la gestion des affaires globaux, pourrait provoquer un changement d’attitude sur le changement climatique et ouvrir la possibilité de mesures plus radicales et plus durables.

 

TEUS était un programme quinquennal de recherche (2009-2014) financé par le Conseil européen de la recherche (ERC, réf. 241 009) et réalisé en collaboration avec trois laboratoires européens : le Centre for the History of Science, Technology and Medicine (Université de Manchester), l’Institut de recherche en sciences et technologie (Université de Strasbourg), le Centre d'Estudis d'Història de les Ciènces (CEHIC, Université Autonome de Barcelone) et l’OSU Ecce Terra (UPMC).

 

Observatoire des Sciences de l'Univers Ecce Terra (UPMC/CNRS/IRD/MNHN/ENS/IRSTEA)Nouvelle fenêtre

 

Simone Turchetti, « Principal investigator » du projet. D. R.

 

Sebastian Grevsmühl, post-doc du projet. D. R.

 

Site Internet du projet TEUSNouvelle fenêtre



23/01/15