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Ubuntu, un système d’exploitation en voie d’extension

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Ubuntu, un système d’exploitation en voie d’extension

L’évolution de la taille des mammifères peut se comparer à la dynamique des logiciels

 

Quels sont les points communs entre l’évolution des logiciels et celle des mammifères ? En première lecture, la question semble un non-sens. Et pourtant, des chercheurs de l’Unité « Biologie computationnelle et quantitative » (CQB, CNRS/UPMC) associés à leurs collègues milanais, ont découvert deux lois mathématiques communes qui régissent le développement et la taille de ces deux « populations ». Pour ce faire, ils ont analysé l’évolution d’Ubuntu, un système d'exploitation intuitif et sécurisé, en accès libre et gratuit, que l’on retrouve dans de nombreux ordinateurs de bureau ou portables, serveurs, netbooks. Les résultats sont plus que surprenants…

 

Les systèmes complexes évoluent, pour la plupart, grâce à une somme de changements d’un grand nombre de leurs éléments constitutifs. Si l’étude de l’évolution des mammifères est particulièrement délicate du fait de l’insuffisance du nombre de données ou de la difficulté à dater un échantillon d’os animal d’une espèce éteinte, en revanche, les scientifiques disposent de données exhaustives, fiables et accessibles qui permettent de retracer l’évolution des logiciels. Une telle étude présente par ailleurs un intérêt pratique dans la mesure où la compréhension de la croissance des logiciels permet de guider le travail des développeurs.

 

Les chercheurs se sont attachés à dégager les lois régissant la dynamique des changements de taille des logiciels – appelés paquets – gérés par le système d’exploitation Linux. À partir des données, ils ont inféré deux lois fondamentales :

  • Le bond en avant : l’évolution se fait par saut, c’est-à-dire par changement d’échelle. Le facteur des changements de taille est multiplicatif.
  • La taille compte : la taille maximale (le facteur multiplicatif maximal) que peut atteindre un paquet donné est déterminée par sa taille présente. La limite de l’augmentation est donc relative à la taille du paquet considéré.

D. R.

 

Un modèle aléatoire créé pour s’assurer de la validité des inférences, a permis de reproduire  fidèlement l’évolution observable dans la réalité. Appliquée de manière prédictive, cette étude assurera une meilleure compréhension de l’évolution des logiciels. Par ailleurs, le modèle peut servir à repérer les éventuelles anomalies de croissances des logiciels et permettra de les corriger.

 

Et les mammifères dans tout ça ?

Le modèle ainsi établi peut également s’appliquer à l’évolution de la taille des mammifères. Jusqu’à présent, seule la loi de l’évolution par saut multiplicatif était appliquée. La combinaison des deux lois a permis de recréer de manière plus précise la dynamique de l’évolution de la taille des mammifères.

 

Pour en savoir plus :

Unité « Biologie computationnelle et quantitative » (CQB, CNRS/UPMC)Nouvelle fenêtre

 

Référence :

Evidence for soft bounds in Ubuntu package sizes and mammalian body masses. Marco Gherardi, Salvatore Mandrà, Bruno Bassetti, Marco Cosentino Lagomarsino. doi:10.1073/iti5213110Nouvelle fenêtre PNAS December 24, 2013 vol. 110 no. 52 21054-21058.

 

Contact chercheur :

Marco Cosentino Lagomarsino l marco.cosentino-lagomarsino@upmc.fr

 

Vignette : représentation symbolique du système Ubuntu et de mammifères. D. R.



12/03/14