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Une colonie de manchots royaux affectée par les anomalies du climat

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Une colonie de manchots royaux affectée par les anomalies du climat

Mettre en lumière le comportement des espèces face aux perturbations de leur environnement permet de mieux comprendre l’impact des variations du climat sur les écosystèmes. Telle est la démarche entreprise par une équipe de scientifiques du CNRS, du MNHN et de l’IRD qui étudie depuis le début des années 90 une colonie de manchots royaux de l’archipel de Crozet. En croisant les données accumulées au fil de ces années, sur le suivi en mer durant la reproduction et les paramètres démographiques de cette population d’oiseaux marins avec les anomalies climatiques affectant la température de l’océan dans cette partie du globe, les chercheurs ont démontré que ces dernières influençaient directement la survie de la colonie. Ces résultats publiés le 27 octobre dans la revue Nature communications suggèrent que l’élévation de température consécutive au réchauffement climatique pourrait contraindre le manchot royal à délaisser la région d’ici la fin du siècle.

 

L’archipel de Crozet, situé dans les Terres australes et antarctiques françaises, rassemble à lui seul près de 700 000 couples de manchots royaux soit plus de la moitié de la population mondiale de cet oiseau marin. Depuis plus de vingt ans, des biologistes du centre d’études biologiques de Chizé (CEBC, CNRS/Univ. La Rochelle), de l’institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC, CNRS/Univ. Strasbourg), du centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE, CNRS/Univ. Montpellier/ Univ.Paul-Valéry Montpellier 3) et du laboratoire d'océanographie et du climat : expérimentations et approches numériques (LOCEAN, CNRS/UPMC/MNHN/IRD) étudient plus particulièrement une colonie de l’île de la Possession avec le soutien de l’institut polaire français Paul-Émile Victor (IPEV). En l’espace de 20 ans, les scientifiques ont ainsi recueilli de précieuses informations sur l’état de santé de cette colonie de 20 000 couples et celui des poussins qu’ils élèvent chaque année. En équipant chaque été jusqu’à une dizaine d’oiseaux adultes de balises Argos, les chercheurs ont également pu mesurer durant 16 saisons de reproduction, le temps qu’ils passent à pêcher en mer, la distance parcourue et l’itinéraire emprunté afin de trouver la nourriture pour eux-mêmes et leur progéniture.

 

© Cédric-Cotté

Pour en savoir plus :

Référence :

Large-scale climatic anomalies affect marine predator foraging behaviour and demography, par Charles A. Bost, Cédric Cotte, Pascal Terray, Christophe Barbraud, Cécile Bon, Karine Delord, Olivier Gimenez, Yves Handrich, Yasuhiko Naito, Christophe Guinet et Henri Weimerskirch, publié dans Nature communications le 27 octobre 2015. DOI: 10.1038/ncomms9220

 

Laboratoire d'océanographie et du climat : expérimentations et approches numériques (LOCEAN, CNRS/UPMC/MNHN/IRD)Nouvelle fenêtre



04/11/15