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Typhon Haiyan : un phénomène amené à se reproduire ?

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Typhon Haiyan : un phénomène amené à se reproduire ?

 

Philipe Drobinski est directeur de recherche au CNRS au sein du laboratoire de météorologie dynamique de l’Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL, CNRS/UPMC/UVSQ/CEA/IRD/Cnes/École polytechnique/ENS) et chargé de cours à l’Ecole Polytechnique. Spécialiste en météorologie, il décortique pour nous le phénomène Haiyan qui a balayé les Philippines le 8 novembre 2013 avec des vents de plus de 300 km/h.

 

 

Comment peut-on qualifier le typhon Haiyan survenu aux Philippines ?

 

Nous n’avons tout simplement jamais vu ça. Ce typhon est le plus puissant jamais enregistré. Ce n’est pourtant pas un phénomène rare puisque nous sommes en plein dans la saison des cyclones.

2013 a été une année pauvre en ouragans dans l’Atlantique et propice aux typhons dans le Pacifique. La terminologie est différente en fonction des régions mais l’on parle du même phénomène.

Est-ce un phénomène amené à se reproduire ?

 

Les bases de données fiables sur les cyclones ont débuté dans les années 50. C’est au niveau de l’Atlantique que l’on trouve les plus anciennes mesures de bonne qualité. Plusieurs laboratoires américains analysent les cyclones. Leur intensité est définie en cinq catégories et l’on calcule également le temps de retour, c’est-à-dire la durée qui sépare deux évènements. Plus le phénomène est fort, plus le temps de retour sera long.

Haiyan est le cyclone le plus fort jamais enregistré après Camille en 1969 dont les vents avaient également soufflé à plus de 300 km/h. Le temps de retour de ce genre de phénomène est de 60 ou 70 ans.

Il n’y a pas de raisons que ce phénomène ne se reproduise pas mais c’est un événement qu’on peut qualifier d’exceptionnel.

Ce phénomène est-il prévisible ?

 

Les cyclones se forment au dessus de la mer lorsque les températures sont élevées. L’évaporation de cette source de chaleur devient alors de l’énergie pour le cyclone.

Les cyclones de catégories 4 et 5 sont des phénomènes exceptionnels pour lesquels il est fondamental de savoir où ils vont passer compte tenu des dégâts qu'ils peuvent occasionner. Les prévisions sont satisfaisantes à grande échelle d’autant plus que les phénomènes sont observables en temps réel, notamment grâce aux satellites qui peuvent mesurer la vitesse de déplacement. En revanche, la précision de leur trajectoire est moins évidente à définir. Et les enjeux sont forts, tant en terme d’infrastructures que pour les populations susceptibles d'être déplacées. Notamment avec la forte urbanisation des côtes rendant la population plus vulnérable dans les pays moins développés qu’aux Etats-Unis par exemple, où les populations peuvent disposer d’abris pour se protéger.

Des sondages par avion peuvent être effectués spécialement au-dessus du cyclone pour mesurer la température, l’humidité, la vitesse du vent etc. Ces campagnes de ciblage permettent de renseigner un modèle de prévision du temps avec les meilleures informations et d'espérer une meilleure prévision de la trajectoire du cyclone au moment où il touchera le continent.

 

La ville de Tacloban aux Philippines avant et après le passage du typhon Haiyan le 8 novembre 2013. © Digital Globe / Google Earth

 

Contact :

Philippe Drobinski : 33+ (0)1.69.33.51.42 philippe.drobinski(@)lmd.polytechnique.fr

 

 

 



18/11/13