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Un même gène rend les papillons de jour colorés et les papillons de nuit camouflés

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Un même gène rend les papillons de jour colorés et les papillons de nuit camouflés

Dans les forêts tropicales d'Amérique latine, les papillons toxiques du genre Heliconius arborent sur leurs ailes des motifs aux couleurs vives que les prédateurs apprennent à reconnaître et éviter. Pour une meilleure protection, différentes espèces de papillons, vivant sur un même territoire, s’imitent mutuellement, alors qu’une même espèce vivant dans des régions différentes peut arborer des motifs distincts. Comment ces papillons réalisent-ils cette étonnante stratégie évolutive ?

Vignette : la forme amazonienne Heliconius numata silvana sur une fleur de Gurania sp © Mathieu Joron

 

Dans un article publié dans Nature le 1er juin 2016, une équipe internationale1 composée de chercheurs du Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE, CNRS/Université de Montpellier/Université Paul Valéry Montpellier 3/EPHE) et de l’institut Systématique, évolution, biodiversité (ISYEB, CNRS/MNHN/UPMC/EPHE), a identifié le gène responsable des différences d’agencement des couleurs chez ces papillons. Plus étonnant, ce même gène appelé, cortex, contrôle également la variation de coloration chez une espèce nocturne des régions tempérées, la phalène du bouleau. Ce gène révèle ici un rôle jusque-là inconnu, surprenant, montrant comment la sélection naturelle remodèle les fonctions ancestrales pour former de nouvelles adaptations.

Quatre formes colorées du papillon amazonien Heliconius numata, dont l’agencement précis des couleurs joue le rôle d’avertissement de leur toxicité, et détermine la survie face aux prédateurs. Au milieu, deux formes, typique et mélanique, du papillon de nuit européen, la phalène du bouleau, dont les différences de coloration participent au camouflage sur des substrats différents. Toutes ces variations importantes dans la survie sont contrôlées par le même gène, cortex, qu’une équipe internationale vient de mettre en évidence. © Mathieu Joron

 

Pour en savoir plus :

Institut de systématique, évolution, biodiversité (ISYEB, CNRS/MNHN/UPMC/EPHE)Nouvelle fenêtre

Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier (CEFE, CNRS/Université de Montpellier/Université Paul Valéry Montpellier 3/EPHE)

 

1. University of Sheffield (UK) ; Smithsonian Tropical Research Institute (Panama) ; Universidad del Rosario (Colombia) ; The Australian National University (Australia) ; University of Cambridge (UK) ; University of California at Berkeley (USA) ; Williams College (USA) ; University of Oxford (UK) ; Penn State University (USA) ; University of Exeter in Cornwall (UK)

 

Référence :

The gene cortex controls mimicry and crypsis in butterflies and moths, par Nadeau NJ, Pardo-Diaz C, Whibley A, Supple MA, Saenko SV, Wallbank RWR, Wu GC, Maroja L, Ferguson L, Hanly JJ, Hines H, Salazar C, Merrill RM, Dowling AJ, ffrench-Constant RH, Llaurens V, Joron M, McMillan WO, and Jiggins CJ publié dans Nature, le 1er juin 2016 DOI:10.1038/nature17961Nouvelle fenêtre

 

Source : CNRS/INEE.



13/07/16