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Des réserves naturelles sous haute surveillance

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Des réserves naturelles sous haute surveillance

Protéger le milieu marin dans l'océan Austral

À des milliers de kilomètres de la métropole, les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) sont un observatoire grandeur nature de la représentativité et de la conservation de la biodiversité tropicale (îles Éparses), subtropicale (Saint-Paul et Nouvelle Amsterdam), subantarctique (Crozet et Kerguelen) et antarctique (Terre Adélie). Philippe Koubbi, professeur UPMC au laboratoire BOREA (« Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques », CNRS/MNHN/IRD/UPMC/Université Caen Normandie/Université des Antilles) travaille avec ses collègues biologistes, océanographes et physiciens dans la zone subantarctique de l’océan Indien qu’en Antarctique de l’Est à la définition d’aires marines protégées (AMP). Il siège en tant que représentant scientifique français à la commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR).

 

Il y a quelques années, la CCAMLR avait proposé de mettre en place un réseau représentatif d’AMP d’ici à 2012 conformément à la décision prise par le Sommet mondial sur le développement durable en 2002. La France avait indiqué sa volonté de contribuer à cet effort dans la zone subantarctique indienne de l’océan Austral et dans l’Est Antarctique où se concentre l’expertise scientifique française incluant des laboratoires de Sorbonne Universités tant à l’UPMC qu’au MNHN. Lors de la COP21, Ségolène Royal, ministre de l’environnement, l’énergie et la mer a annoncé la volonté de la France d’étendre ses réserves naturelles des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) en milieu marin.

 

Analyse par données satellite du champ des courants, paysage hydrodynamique autour de Kerguelen. La couleur indique le temps estimé (en jour) dans lequel les tourbillons ont la capacité de piéger de l'eau dans leur cœur. De telles images associées à des données in situ permettent d’intégrer l'information physique à la distribution des prédateurs marins. D. R.

 

Les chercheurs des laboratoires BOREA (« Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques », CNRS/MNHN/IRD/UPMC/Université Caen Normandie/Université des Antilles), LOCEAN (laboratoire d'océanographie et du climat : expérimentations et approches numériques, UPMC/CNRS/MNHN/IRD), du centre d’études biologiques de Chizé (CEBC), de CLS (Collecte, localisation, satellites) et de « Biogéosciences » de l’université de Bourgogne, ont travaillé sur l’écorégionalisation autour des îles Crozet et Kerguelen.

 

BOREA et LOCEAN ont ainsi travaillé sur la meilleure définition possible de régions océaniques fondées sur la dynamique océanographique (zones de fronts, zones de rétention, enrichissement par les îles…), la production due au phytoplancton ou les abondances du zooplancton ou des poissons. À ces régions se sont ajoutées les données de suivis d’oiseaux et de mammifères marins du centre d’études biologiques de Chizé. Ces dernières données permettent d’identifier les aires importantes pour les oiseaux et mammifères marins.

 

Durant l’été 2016, ces travaux ont été présentés à un groupe de travail international de la CCAMLR. Puis, la réserve naturelle des Terres australes françaises a proposé son projet d’extension des réserves marines au-delà de la zone côtière où on les trouve actuellement. Le projet a été soumis à la décision interministérielle sous l’égide du ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer. Les scientifiques espèrent ainsi un avis sur l’extension des réserves naturelles existantes d’ici la fin de l’année.

 

Ce projet propose des aires marines protégées d’environ 250 000 km2 pour Crozet et de 387 000 km2 pour Kerguelen incluant des zones de réserve stricte. Cependant, il ne peut pas être complet sans considérer dans leur globalité les aires importantes pour les oiseaux et mammifères marins de ces îles subantarctiques. Les scientifiques ont ainsi déterminé deux zones d’intérêts en haute mer. La première se situe au niveau du front polaire antarctique au Sud de la zone économique exclusive (ZEE) de Crozet là où s’alimentent les manchots royaux. La seconde se situe à l’est de Kerguelen où se localisent, entre autres, les éléphants de mer.

 

 

Le LOCEAN, BOREA et le CEBC travailleront ensemble afin de déterminer des aires marines protégées pélagiques en dehors des ZEE incluant l’écorégionalisation océanographique et les zones essentielles pour les prédateurs supérieurs. Ces futures AMP répondront à plusieurs objectifs, en particulier, les effets des changements climatiques. En effet les zones en marges de l’océan Austral comme les zones subantarctiques font parties des régions les plus menacées par les changements climatiques car si les fronts bougent, les îles où se trouvent les colonies d’oiseaux ne bougent pas. Le projet a été présenté au conseil scientifique de la CCAMLR en Octobre 2016 et a obtenu une approbation pour poursuivre les études. Durant cette même réunion de la CCAMLR, après plusieurs années de négociations, il a été décidé de créer l’AMP de la mer de Ross et de reporter à l’année prochaine les discussions sur les AMPs de l’Est Antarctique où les mêmes laboratoires sont impliqués.

Pour en savoir plus :

Unité « Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques » (BOREA, CNRS/MNHN/IRD/UPMC/Université Caen Normandie/Université des Antilles)Nouvelle fenêtre

Laboratoire d'océanographie et du climat : expérimentations et approches numériques (LOCEAN, UPMC/CNRS/MNHN/IRD)Nouvelle fenêtre

Centre d’études biologiques de Chizé (CEBC)Nouvelle fenêtre

Laboratoire « Biogéosciences » de l’université de BourgogneNouvelle fenêtre

Le groupe CLS (Collecte, localisation, satellites)Nouvelle fenêtre



31/05/17