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La formation des gisements d’or enfin expliquée

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La formation des gisements d’or enfin expliquée

Comme d’autres métaux, l’or est présent à l’état de trace dans toutes les roches terrestres, mais sa concentration est multipliée par mille à un million dans les gisements exploités. Ce phénomène est dû à la circulation de fluides1 dans la croûte terrestre : ils extraient le métal présent à faible dose dans les roches, le transportent, et favorisent son dépôt à des endroits donnés qui deviendront des gisements. Cependant, l’or est le plus inerte des métaux et a toujours été considéré comme difficilement transportable par les fluides géologiques. Jusqu’à maintenant, on ne parvenait donc pas à expliquer de manière satisfaisante la formation des gisements aurifères.

 

Cliché en microscopie électronique à balayage de nano- et microparticules d’or (points brillants) qui se sont déposées, avec des cristaux de pyrite de différentes tailles (gris), à partir d’une solution hydrothermale contenant du soufre et de l’or dans une expérience en laboratoire. De telles expériences simulent la formation des gisements d’or dans la nature. Couplées avec des méthodes spectroscopiques in situ et des simulations numériques, elles montrent que l’or dans ces fluides se lie aux ions S3- qui rendent son transport et son dépôt très efficaces. © Maria Kokh et Tierry Aigouy.

 

Des géologues, chimistes et physiciens du CNRS, de l’UPMC et de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier2 viennent de montrer qu’une forme de soufre récemment découverte et présente en faible quantité dans les fluides géologiques (l’ion trisulfure S3-) transporte et dépose efficacement l’or, ce qui pourrait élucider la formation de ses gisements. Ces résultats ont été obtenus grâce à des mesures en laboratoire et sur synchrotron aux températures et pressions rencontrées dans la croûte terrestre3, combinées à des modélisations informatiques. Cette découverte pourrait permettre de localiser de nouvelles ressources de métaux précieux (l’or, mais aussi peut-être le molybdène et le platine) et d’améliorer le traitement de leurs minerais.

Pour en savoir plus :

1 Comme ceux qui jaillissent en certains endroits de la surface de la Terre sous forme de sources hydrothermales.

2 Les laboratoires impliqués sont :

* Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie (CNRS/UPMC/IRD/MNHN)Nouvelle fenêtre

* Laboratoire P.A.S.T.E.U.R. (ENS/CNRS/UPMC)Nouvelle fenêtre

* Groupe métallogénie expérimentale du laboratoire Géosciences environnement Toulouse (CNRS/Université Toulouse III–Paul Sabatier/IRD)

* Institut Néel (CNRS)

* Laboratoire Géoressources (CNRS/Université de Lorraine/CREGU)

3 Jusqu’à 500°C et 2000 fois la pression atmosphérique, soit les conditions rencontrées à 7 km de profondeur environ.

 

Référence :

Sulfur radical species form gold deposits on EarthNouvelle fenêtre. Gleb S. Pokrovski, Maria A. Kokh, Damien Guillaume, Anastassia Y. Borisova, Pascal Gisquet, Jean-Louis Hazemann, Eric Lahera, William Del Net, Olivier Proux, Denis Testemale, Volker Haigis, Romain Jonchière, Ari P. Seitsonen, Guillaume Ferlat, Rodolphe Vuilleumier, Antonino Marco Saitta, Marie-Christine Boiron, and Jean Dubessy. PNAS, October 12, 2015, doi:10.1073/pnas.1506378112.



18/10/15