Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Avoir l’âge de ses muscles

accès rapides, services personnalisés

Rechercher

Recherche détaillée

Avoir l’âge de ses muscles

Vieillissement et appareil locomoteur

Chaque année, à l’approche de l’été ou après les fêtes de fin d’année, les magazines féminins dévoilent quantité de régimes miracles pour éliminer les kilos superflus en un temps record ! Mais à force de stigmatiser les bourrelets adipeux et disgracieux, on en vient à oublier que la moitié de notre corps est constitué de muscles ! Même les sportifs de haut niveau doivent user de prudence. Combien de temps encore Usain Bolt pourra-t-il survoler sa discipline ? Avez-vous déjà vu un senior courir un marathon ? « Oui », répond Vincent Mouly, directeur de recherche CNRS au Centre de recherche en myologie (CNRS/UPMC/Inserm/association française contre les myopathies). « Tout cela n’est qu’une question d’anticipation des outrages causés par le vieillissement musculaire. »

 

Le muscle

Le muscle squelettique adulte est composé de cellules différenciées plurinucléées (fibres musculaires) et de cellules mononucléées (cellules satellites), responsables chez l’enfant de la croissance et, chez l’adulte de la régénération après lésion (traumatisme, opération, maladie dégénérative). Il est particulièrement touché dans des pathologies du type myopathie et myasthénie, mais peut l’être également chez les patients diabétiques, souffrant de maladies cardiovasculaires ou obèses.

 

Les différentes étapes de régénération/réparation musculaire. D. R.

 

Fondre comme neige au soleil…

En 2002, 21% de la population mondiale avait 60 ans ou plus. En 2050, les estimations portent ce chiffre à plus de 33%. Dès la quarantaine, l'homme commence à perdre du muscle sans s'en rendre compte. Et le mécanisme s'accélère de façon insidieuse à l’approche de la soixantaine. La sarcopénie affecte toutes les personnes âgées indépendamment de leur état de santé.

 

Petit à petit, l’organisme connaît de nombreux bouleversements comme l’augmentation de la masse graisseuse et de l’inflammation chronique, ou l’affaiblissement du système immunitaire, de la force et de l’endurance. Le muscle perd en volume et en masse, et a du mal à se régénérer après un traumatisme, ce qui conduit bien souvent le sujet à des hospitalisations au long cours et/ou une perte de mobilité et d’autonomie.

 

La dérégulation métabolique du muscle inclut une réduction de la sensibilité à l’insuline, une détérioration des défenses oxydatives et une diminution des fonctions mitochondriales. En outre, des études épidémiologiques ont suggéré que des changements neuronaux et hormonaux, une nutrition inadaptée, des inflammations chroniques et une inactivité physique pouvaient accélérer le processus.

 

Un laboratoire dédié à la cellule musculaire

L’équipe « Régénération, Physiopathologie & Approches thérapeutiques : modèles cellulaires » s'intéresse aux mécanismes impliqués au niveau moléculaire et cellulaire et qui régulent la capacité régénérative du muscle squelettique humain. Le maintien de la masse musculaire et sa régénération sont étudiés au cours du vieillissement ainsi que dans des situations pathologiques, comme par exemple certaines formes de dystrophies (musculaire occulo-pharyngée, facio-scapulo-humérale ou dystrophie musculaire de Duchenne).

 

Cellules musculaires humaines en culture. On voit bien la fusion de cellules qui forment des « myotubes », précurseurs des fibres musculaires, avec plusieurs noyaux (en bleu). En vert, la myosite, très grande protéine qui est le principal élément de la contraction musculaire, et en rouge, la desmine, protéine exprimée dans le muscle et dans les précurseurs. D. R.

 

La caractérisation de nouveaux types de cellules progénitrices et une meilleure compréhension de la physiopathologie de ces maladies neuromusculaires servent de base au développement de stratégies thérapeutiques ciblant les muscles squelettiques ou cardiaque. Il n'est jamais trop tard pour bien faire, on sait désormais que même des nonagénaires peuvent regagner durablement de la masse musculaire avec un programme raisonnable d'exercices physiques, même s’ils ne retrouveront pas leur force de jeune adulte. L'idéal étant de reprendre un sport adapté à son âge et son état de santé dès les premiers signes de sarcopénie. Même si l'activité peut parfois être pénible chez la personne âgée, c'est le prix à payer pour maintenir son indépendance physique.

Pour en savoir plus :

Centre de recherche en myologie (CNRS/UPMC/Inserm/association française contre les myopathies)Nouvelle fenêtre

 

Équipe « Régénération, Physiopathologie & Approches thérapeutiques : modèles cellulaires »Nouvelle fenêtre

 

Institut de myologieNouvelle fenêtre



31/07/14