Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Le robot, un compagnon de route

accès rapides, services personnalisés

Rechercher

Recherche détaillée

Contact

Direction de la communication

 

Marie Pinhas-Diena, responsable de la communication scientifique l T. 01 44 27 22 89 l M. marie.pinhas@upmc.fr

Le robot, un compagnon de route

Problèmes de locomotion ou perturbation posturale chez les personnes âgées

Un tiers des Français de plus de 65 ans et la moitié des plus de 85 ans font une à plusieurs chutes par an (plus de 2 millions). Les sujets âgés en institution sont les plus concernés, et le risque de récidive après la première chute est multiplié par 20. Viviane Pasqui, spécialiste de robotique de la santé, est maître de conférences UPMC à l’Institut des systèmes intelligents et robotiques (ISIR, UPMC/CNRS). Elle travaille à la conception et la commande de dispositifs robotiques pour l’assistance et la rééducation, en particulier dans le cas de personnes âgées.

 

La perte d’autonomie liée à une réduction de la mobilité occasionne chaque année environ 9000 décès. Les chutes provoquent des traumatismes physiques, les fractures les plus fréquentes se situant à l’extrémité supérieure de la hanche. Le handicap moteur irréversible à 50%, est aussi psychologique. La crainte d’une récidive précipite en effet le recours à une personne tierce et/ou une demande de placement en institution. Une aide à la déambulation plus adaptée à chaque type de pathologies peut redonner de l’autonomie aux personnes âgées, augmenter l’efficacité de leur rééducation, limiter les complications liées à l’alitement et, d’une manière générale, améliorer leur qualité de vie.

 

Aide à la verticalisation et à la déambulation pour accompagner ceux pour qui la marche est devenue une épreuve, notamment les personnes âgées. © ISIR

 

Des gérontechnologies à la domotique

Les robots qui ont depuis longtemps investi l’espace industriel, s’immiscent progressivement dans le cocon familial pour se mettre, entre autres, au service des personnes âgées. Grâce à des caméras ou des capteurs de distance ou de contact, un robot doué de capacités de perception, peut se mouvoir ou déplacer des éléments dans son environnement. Il peut prendre des décisions à partir de données complexes et choisir parmi un choix d’actions diverses. Il doit pourvoir communiquer et interagir, y compris physiquement avec les humains et s’adapter à eux, et rendre des services aux personnes âgées principalement dans les domaines de la santé et de l’assistance et du confort.

 

Quand la robotique nous vient en aide…

Un déambulateur intelligent est l’instrument idéal pour une rééducation assistée et sécurisée, particulièrement en gériatrie. Il permet de rendre l’autonomie à la marche à des patients souffrant de problèmes neuro-moteurs dégradant leur stabilité posturale et perturbant leur orientation ; d’adapter et de contrôler l’activité de marche ; de stimuler leur mobilité au travers d’une interaction avec l’assistant ; de sécuriser les patients ; et de libérer les personnels hospitaliers pour des actes plus techniques.

 

Les patients âgés cardiaques reprenant une activité de marche après une complication aigüe (poussée d’insuffisance cardiaque, pathologie coronarienne, accidents cardio-vasculaires) constituent un risque important qui augmente avec l’âge. Actuellement, les patients rééduqués dans les services de gérontologie avec une surveillance clinique, du fait des pathologies associées, ne peuvent bénéficier des aides techniques de ré-entraînement à l’effort utilisées dans les centres spécialisés (tapis de marche ou bicyclette ergométrique).

 

Les différentes aides à la marche

À l’ISIR, les scientifiques développent des robots d’assistance à la marche afin d’augmenter l’autonomie de la personne et de différer le plus possible l’échéance de la perte de mobilité. C’est le cas des Smart-canes (actives ou passives) qui aident à la mobilité des personnes handicapées visuelles et la surveillance de sujets à risque. Ou des exosquelettes, sorte de squelette externe qui soutient et protège le corps. Les exosquelettes motorisés permettent au patient de supporter les limitations de l’âge ou de la maladie et de gagner un peu d’autonomie.

 

Le déambulateur intelligent est quant à lui, un robot d’assistance aux personnes ayant des problèmes d’équilibre voire de grandes instabilités posturales, les personnes âgées en particulier. Les roues sont motorisées et les poignées se lèvent ou se baissent automatiquement. Bardé de capteurs analysant l’environnement et de capteurs physiologiques, il est également équipé d’une caméra 3D pour observer la posture de l’humain ainsi que de capteurs de force sur les poignets qui scrutent sa façon de s’appuyer, de pousser sur la machine. Le robot est doté d’une commande dite intuitive, il analyse la situation, il interprète les demandes de la personne (se lever, marcher, s’arrêter) et l’aide à contourner les obstacles et à corriger d’éventuels déséquilibres. Le déambulateur intelligent conçu et réalisé à l’ISIR, a été évalué à l’hôpital de gériatrie Charles Foix d’Ivry-sur-Seine et est très prometteur.

Pour en savoir plus :

Institut des systèmes intelligents et robotiques (ISIR, UPMC/CNRS)Nouvelle fenêtre

 

Équipe AGATHENouvelle fenêtre (Assistance aux Gestes et Applications THErapeutiques)

 

À lire :

« Handicap moteur, problèmes de locomotion ou perturbation posturale »

 

« Lève-toi et marche ! » Rééducation des maladies neuromusculaires, équilibre et posture

 

Le projet MIRAS visait à concevoir et à mettre au point un robot pour l’aide à la mobilité et le monitoring de l’état physiologique des personnes âgées atteintes de troubles de la marche et d'orientation. Avec pour principaux objectifs : rendre l’autonomie de la marche à des patients souffrant de troubles de l’équilibre et d’orientation ; adapter et contrôler l'activité de marche pour l’entrainement et l’amélioration de la condition physique de la personne âgée ; et libérer les personnels hospitaliers pour des actes plus techniques.

 

Un exemple typique dans le contexte hospitalier et qui illustre les objectifs scientifiques et techniques est l’accompagnement aux toilettes. La personne ne pouvant ni se lever seule de son fauteuil ni marcher seule quelques mètres, appelle un soignant qui ne fait que la soutenir. Le robot remplace ici avantageusement le soignant. Pour cela, il doit exécuter un certain nombre d’actions qui dépendent de l’utilisateur (il ne « sait » pas a priori que la personne veut aller aux toilettes). Essais cliniques du prototype MIRASNouvelle fenêtre.

 

 

Interview de Viviane Pasqui et Didier Marin à l'occasion de la Fête de la Science 2011Nouvelle fenêtre.



31/07/14