Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Alzheimer : une chaire pour un diagnostic précoce de la maladie

accès rapides, services personnalisés

Rechercher

Recherche détaillée

Alzheimer : une chaire pour un diagnostic précoce de la maladie

Il s'agit d'un enjeu majeur de santé publique. D'ici 2050, 115 millions de personnes de plus de 80 ans seront atteints par la maladie d'Alzheimer. AXA et la Fondation partenariale de l'UPMC ont lancé en février 2014 une chaire de recherche sur le diagnostic précoce de cette maladie. Portée par le professeur Harald Hampel à l'Institut de la Mémoire et de la Maladie d'Alzheimer (IM2A) et par la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer, la chaire devrait déboucher sur plusieurs outils de diagnostic en reliant recherche fondamentale, molécules, mécanismes, thérapies, découvertes et application clinique.

 

Quels sont les enjeux de la maladie d'Alzheimer aujourd'hui ?

Olivier de Ladoucette. Il y a à peu près 800 000 patients atteints de la maladie d'Alzheimer aujourd'hui en France, dont 20 à 25 000 d'entre eux ont moins de 65 ans, et 35 millions dans le monde. Entre 150 à 200 000 nouveaux cas apparaissent chaque année. Si nous ne trouvons pas de solution, cette maladie va entraîner des problèmes de santé publique considérables dans les années à venir, certains parlent même de « tsunami dans notre dos se rapprochant à grande vitesse ».

 

Harald Hampel. L'objectif de la chaire est un diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer. Actuellement, les patients sont dépistés trop tard au stade où les lésions sont souvent irréversibles. La maladie d'Alzheimer se développe silencieusement pendant 20, 30 ou 40 ans et les médecins ne la diagnostiquent que dans les 5 ou 7 dernières années.

 

L'enjeu aujourd'hui est donc de créer des solutions pour détecter le plus tôt possible la maladie. Cela permettra aux malades de bénéficier des nouvelles thérapies qui seront développées dans les 5 ou 10 prochaines années.

 

Olivier De Ladoucette. Toutes les maladies neuro-dégénératives, et en particulier Alzheimer qui représente 70% de ces maladies, vont peser sur nos sociétés au niveau du sujet mais également de la famille. La prise en charge de ces pathologies, dont la moitié est à la charge des familles, coûte actuellement 10 milliards d'euros par an.

 

Lucie Taleyson. Dans les 40 ans à venir, le nombre de malades va doubler en Europe, tripler en Asie et en Amérique et quadrupler en Afrique. En tant qu'assureur nous protégeons les personnes sur le long terme et notamment contre des risques tels que celui de la dépendance. La maladie d'Alzheimer représente une des principales pathologies susceptibles de générer un état de dépendance sévère avec des coûts importants associés. Pour les familles, c'est plus de 3 000 euros par mois et la prise en charge publique en France avoisine les 500 euros en moyenne. Les assureurs sont là tout d'abord pour pallier et apporter une source de revenus supplémentaires mais également fournir des services et des actions de prévention. De plus, les assureurs proposent également un accompagnement des aidants, notamment ceux soumis à une forte charge, dont on sait qu'ils sont sujets à la dépression ou à une morbidité plus importante. Cet accompagnement peut prendre la forme de services d’aide au répit ou encore de prévention.

 

Comment la chaire va-t-elle être mise en oeuvre ?

Bruno Dubois. Le point de départ de cette chaire de recherche sont les patients, qui détiennent un secret qu'il nous faut percer. L'IM2A est un centre de référence nationale notamment pour les jeunes malades d'Alzheimer et les démences rares. Nous avons des patients qui posent des problèmes très particuliers, qui ont des formes pures sans comorbidités et qui sont extrêmement motivés. Ce sont eux qu'il faut étudier pour comprendre exactement quels sont les mécanismes qui concourent à la survenue de la maladie.

 

Les diagnostics et prélèvements sont effectués à l’IM2A puis transmis à des laboratoires partenaires de la chaire et notamment ceux de l'ICM (UPMC/Inserm/CNRS) et ceux de l'UPMC du site de la Pitié-Salpêtrière. Les informations génétiques, biologiques, de neuro-imagerie et de dynamique neuronale récupérées sont ensuite intégrées dans une base de données multimodale pour essayer d'extraire des algorithmes de prédiction de diagnostic ou de meilleure réponse thérapeutique.

 

H. H. Les recherches vont se concentrer sur les biomarqueurs, ces indicateurs de processus biologiques normaux ou pathologiques, ou de réponses pharmacologiques à une intervention thérapeutique. Ils sont la partie la plus fascinante dans la recherche clinique sur Alzheimer car ils sont la clé pour résoudre la maladie. Ils permettent de détecter la maladie pendant sa phase silencieuse lorsque les patients n'ont aucun symptôme. Le recueil de ces informations permettra sûrement d'identifier l'algorithme indiquant une conversion prochaine et donc de réaliser des thérapies efficaces.

 

C'est captivant d'être nommé porteur de cette prestigieuse chaire ouverte par la meilleure université française en sciences et médecine. L'UPMC est le meilleur endroit pour travailler à grande échelle avec des partenaires de premier plan.

 

B. D. Le professeur Hampel va s'insérer parfaitement dans un environnement qui n'attendait que lui. Il sera comme un chef d'orchestre qui va dialoguer avec tous ces services et ces laboratoires ayant des compétences spécifiques. Grâce à lui, nous allons pouvoir mettre en corrélation toutes ces informations et apprécier la pertinence des unes par rapport aux autres. Nous sommes très reconnaissants de ce geste de l'UPMC qui nous permet d'avoir un chercheur de haut niveau à la Pitié, ce qui va renforcer la notoriété déjà établie de notre centre mais également notre capacité à faire des découvertes.

Pour en savoir plus :

Harald Hampel est depuis 2013 professeur à l'Université Pierre et Marie Curie au département de neurologie de la Pitié-Salpêtrière et à l'Institut de la Mémoire et de la Maladie d'Alzheimer. Titulaire de la chaire AXA/UPMC, il a publié plus de 500 articles de recherche et écrit huit livres, a remporté de nombreuses récompenses pour ses recherches centrées sur la santé et les maladies du cerveau, les biomarqueurs et la découverte thérapeutique dans la maladie d'Alzheimer.

 

Olivier De Ladoucette est psychiatre et gérontologue attaché à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et président de la Fondation pour la recherche sur la maladie d'Alzheimer.

 

Bruno Dubois est chef de service de neurologie de la Pitié-Salpêtrière et directeur de l'Institut de la Mémoire et de la Maladie d'Alzheimer, premier centre français de recherche clinique totalement dédié à la prévention, au diagnostic précoce, à la recherche physiopathologique et au traitement de la maladie d'Alzheimer et des démences.

 

Lucie Taleyson est directrice technique et marketing collectives chez AXA France.

 

À voir :

La vidéo du Fonds Axa pour la recherche sur le professeur Hampel et la chaireNouvelle fenêtre

 

Le site de la Fondation partenariale de l'UPMCNouvelle fenêtre

 

Photos © UPMC - Pierre Kitmacher

 



29/10/14