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Des données en perpétuel mouvement

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Des données en perpétuel mouvement

Être mobile pour mieux communiquer

Ces dernières années, les observateurs du monde numérique ont constaté une inflation galopante de la quantité de données en tout genre générées, stockées et transférées à travers le monde. Les architectures de communication classiques montrent leurs limites, le trafic de données sans fil ayant surpassé celui généré par les équipements fixes. Avec son équipe « Réseaux et systèmes » (« Networks and Performance Analysis »), Marcelo Dias de Amorim, directeur de recherche CNRS au laboratoire d’informatique de Paris 6 (LIP6, UPMC/CNRS), propose aux opérateurs réseaux des solutions alternatives pour « délester » les canaux de communication devenus trop encombrés.

 

Quelle est votre vision de l'Internet du futur ?

Marcelo Dias de Amorim. Pas besoin de parler de futur, nous y sommes déjà ! Les réseaux sont omniprésents dans notre vie quotidienne que ce soit dans notre environnement professionnel ou dans la sphère privée. Nous travaillons sur tous les aspects liés à l’Internet et sur toutes les formes d’interaction et de communication entre individus. Nous cherchons à concevoir et à développer des solutions pour pallier les problèmes liés aux multimédia et aux réseaux mobiles et pour gérer ce flux continu de ressources et de contenus qui nous viennent de toute part.

 

On ne parle plus de téraoctets, mais de zetta- et de yotta- octets (un « 1 » avec 21 ou 24 « zéros » à la suite). Jusqu’où ira-t-on ?

M. D. de A. Chaque utilisateur produit un nombre vertigineux de données par jour qu’il n’est pas question d’effacer ! Manipulées, répliquées et emmagasinées dans de gigantesques datacentres installés aux quatre coins du monde, ces données doivent être accessibles à tout moment pour un usage ultérieur. Le cloud (nuage), cet espace virtuel de sauvegarde encore innovant il y a peu, inclut le mobile cloud qui permet d’avoir en tout lieu et toute heure ses données mobiles et une synchronisation entre l’équipement mobile et sa version virtuelle (dans le cloud). C’est une situation on ne peut plus schizophrène, l’utilisateur pouvant légitimement hésiter à y déposer des données personnelles qui lui sembleraient comme éparpillées dans la nature. Nous proposons des outils de mesure et de modélisation de l'Internet et du trafic de données et travaillons à une meilleure sécurisation et protection des données.

 

Parmi les solutions, vous évoquez les réseaux « physiques ». Sommes-nous sur le point d’abandonner les réseaux « virtuels » ?

M. D. de A. Non, l’idée est de se servir de la mobilité des utilisateurs via leur téléphone portable ou leur moyen de transport. C’est comme si on détournait les données du réseau Internet traditionnel et qu’on les transférait sur les véhicules dotés de capacités de stockage. On parle de communications de dispositif à dispositif (D2D) pour délester (offload) le trafic. Une première piste consiste à minimiser la charge sur l’infrastructure tout en diffusant massivement un contenu, comme des informations de trafic routier ou un podcast d’informations, dans un délai bref et à un grand nombre d’abonnés. On n’envoie que quelques copies du contenu et on les propage de proche en proche par des communications opportunistes. Une autre solution serait de tirer parti des déplacements des particuliers sur les routes de manière opportuniste. Les données sont réparties sur les véhicules équipés de disques durs. Il faut cependant tenir compte de la dynamique du trafic routier en analysant les variations diurnes et saisonnières, ainsi que des aspects liés à la sécurité des données et des usagers (confidentialité, respect de la vie privée, consistance).

 

Transport de données sur des véhicules de particuliers. © Benjamin Baron et Prométhée Spathis

 

Nous sommes tous « omni-connectés », mais avons-nous réellement besoin des technologies 4G et 5G ?

M. D. de A. Oui et non car en réalité, elles ne concernent qu’une partie de la population mondiale. En zone rurale par exemple, des applications moins sophistiquées servent à envoyer des méls localement et en temps réel ou bien vers des destinations plus lointaines mais avec un décalage horaire qui ne gêne ni le destinataire ni l’émetteur. Le projet MOTO financé par la commission européenne a développé des techniques algorithmiques et des outils logiciels afin de résoudre le problème de distribution de contenus populaires tolérants au délai tout en prenant en compte la tolérance aux pannes informatiques.

Pour en savoir plus :

Laboratoire d’informatique de Paris (LIP6, UPMC/CNRS)Nouvelle fenêtre

 

À voir, la présentation en vidéo du projet FP7 MOTONouvelle fenêtre

 

À voir : « Rencontre autour de l’informatique : le rôle de la mobilité dans les communications du futur »Nouvelle fenêtre, Sciences à cœur UPMC (13/02/2014)



18/01/16