Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Dessine-moi un anneau d’astéroïde…

accès rapides, services personnalisés

Rechercher

Recherche détaillée

Contact

Direction de la communication

 

Marie Pinhas-Diena, responsable de la communication scientifique l T. 01 44 27 22 89 l M. marie.pinhas@upmc.fr

Dessine-moi un anneau d’astéroïde…

Après les planètes géantes Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, l’astéroïde Chariklo a inscrit son nom dans la grande histoire de l’astronomie lorsqu’en 2014, des scientifiques lui ont découvert un mini système d’anneaux. Bruno Sicardy, professeur UPMC au laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique (Lesia, CNRS/Observatoire de Paris/Université Paris Diderot/UPMC/UVSQ/Cnes) revient sur le phénomène d’occultation stellaire qui a permis cette incroyable découverte.

 

Une occultation se produit lorsqu'un astre corps céleste (planète, astéroïde, objet trans-neptunien, anneau, comète...) passe devant un autre et en masquant une partie. Ce phénomène est purement apparent et strictement lié à l'observateur. Les astres impliqués n’interagissent pas entre eux. Par exemple, lors d’une éclipse de Soleil, la Lune masque tout ou partie du disque solaire.

 

Observation de l’occultation d’étoiles par les deux anneaux de Chariklo. © ESO/Felipe Braga Ribas/M. Kornmesser

 

L'observation consiste à chronométrer le temps de passage d'un astéroïde devant une étoile : l'étoile disparaît pendant quelques secondes à quelques dizaines de secondes pour réapparaître ensuite. Les occultations stellaires sont un outil puissant pour étudier les corps du système solaire. La baisse de signal observée permet de mesurer la taille de ces corps avec une précision d'une fraction de kilomètre, mais sert également à la détection et à l’étude d'atmosphères ténues, à la découverte d'anneaux, et à la mesure de leur densité…

 

Le cas Chariklo

Découvert en 1997 par le programme Spacewatch, Chariklo est un astéroïde de la famille des centaures, des astéroïdes glacés, et qui orbite entre Saturne et Uranus dans le système solaire externe, à quelque 2 milliards de km de la Terre. Quatorze fois plus petit que la Lune, c’est le plus grand de ces objets cosmiques avec un diamètre de 250 km. Chariklo a probablement été éjecté du disque de Kuiper (au-delà de Neptune) il y a moins de 10 millions d’années par des perturbations gravitationnelles d’Uranus.

 

Les deux « anneaux de poche » de Chariklo

En 2013, plusieurs observateurs professionnels et amateurs localisés sur une quinzaine de sites au Brésil, en Argentine, en Uruguay et au Chili, ont pu détecter deux brèves « extinctions » d’une étoile juste avant et après son passage derrière Chariklo. Le recoupement de toutes les observations a permis de conclure que deux anneaux entouraient cet astre (un peu comme les anneaux de Saturne ou d’Uranus), et a définitivement exclu l’hypothèse de jets cométaires.

 

Image d’artiste représentant Chariklo et ses anneaux. © ESO/L. Calçada/M. Kornmesser/Nick Risinger (skysurvey.org)

 

Les deux anneaux ont été provisoirement baptisés Oiapoque et Chui, en référence aux deux fleuves qui matérialisent les frontières nord et sud du Brésil. Structurellement, il s’agit de deux anneaux minces, circulaires, partiellement transparents et séparés d’une dizaine de kilomètres. L’anneau intérieur, dénommé 2013C1R, a une largeur de 6 à 7 km kilomètres. L’anneau extérieur, 2013C2R, est plus étroit et plus diffus avec une largeur de 3 à 4 kilomètres.

 

Le mystère de l’origine des anneaux

Comment ces anneaux ont-ils pu se former autour d'un aussi petit corps ? Pourquoi la Terre n’en possède-t-elle pas alors qu’elle est beaucoup plus volumineuse que Chariklo ? Pour expliquer l’origine de ces deux anneaux, les scientifiques ont émis plusieurs hypothèses, notamment celle d’une collision, ou d’une activité cométaire, qui aurait arraché de la matière au corps central. Cette matière se serait ensuite réaccrétée en satellite et placée en orbite autour de Chariklo. Mais quelle est la stabilité d’un tel système ? Quelle en est la durée de vie ? Combien en existe-t-il dans le système solaire ? Toutes ces questions encore sans réponse mettent les théoriciens au défi et ouvrent la voie à de nouveaux domaines de recherche.

Pour en savoir plus :

Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique (Lesia, CNRS/Observatoire de Paris/Université Paris Diderot/UPMC/UVSQ/Cnes) Nouvelle fenêtre

 

Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE, Observatoire de Paris/CNRS/UPMC/Université Lille 1/Université Paris-Sud/Bureau des longitudes/IPSA)Nouvelle fenêtre

 

De nombreuses images et animations sur la découverte sont disponibles sur le site de l’European Southern ObservatoryNouvelle fenêtre (ESO).

 

Voir aussi l’animation qui avait été faite par Lucie Maquet (LESIA), et qui avait été mise sur le site : « Astronomy Picture of the Day » (APOD)Nouvelle fenêtre



12/01/15