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Une mise en accessibilité de l’espace urbain pour les déficients visuels

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Marie Pinhas-Diena, responsable de la communication scientifique l T. 01 44 27 22 89 l M. marie.pinhas@upmc.fr

Une mise en accessibilité de l’espace urbain pour les déficients visuels

Améliorer le quotidien des personnes malvoyantes ou aveugles

 

Les populations européennes et nord-américaines sont de plus en plus touchées par des pathologies graves à l’origine de nombreux cas de malvoyance ou de cécité : dégénérescence maculaire liée à l'âge, glaucome, rétinopathie diabétique ou pigmentaire… Emmanuel Gutman, responsable du pôle Handicap à l’Institut de la vision (CNRS/UPMC/Inserm), présente des solutions technologiques qui viennent compenser l’absence de traitements et la défaillance des soins qui ne font que réduire les symptômes ou tout juste ralentir l'évolution de ces maladies.

 

Le pôle Handicap de l’IDV participe, en partenariat avec de nombreux industriels, au développement de solutions technologiques pouvant améliorer la vie quotidienne des malvoyants et aveugles en leur assurant un maximum d’autonomie, de mobilité, d'accessibilité et de confort. Son leitmotiv « mettre le malade au coeur du projet », traduit une stratégie médicale combinant à la fois un aspect diagnostique et thérapeutique et un volet palliatif.

 

Le groupe Casino a utilisé le premier supermarché laboratoire, réalisé par l'Institut de la vision, en partenariat avec le Paris Lab et la Ville de Paris, afin de tester les innovations de demain avec un panel de personnes malvoyantes. (Paris, 12e). © UPMC – Pierre Kitmacher

 

L’aventure partenariale a débuté en 2009 avec le développement par Essilor de lunettes informatives à réalité augmentée destinées à compenser la déficience visuelle. Des lunettes ophtalmiques classiques sont habillées d’un guide optique, d’un mini-écran et d’une caméra embarquée sur la monture. La scène est filmée, traitée et augmentée en temps réel (augmentation de la luminance, amélioration du contraste des couleurs, possibilité de zoomer…). Ces lunettes devraient être commercialisées en 2015.

 

Les plateformes du pôle Handicap de l’IDV

Ce projet financé par Oséo a permis de structurer un vrai pôle « handicap » autour d’un certain nombre de plateformes mises à la disposition de la recherche pour aider à développer de nouvelles aides techniques et à définir de nouveaux protocoles d’apprentissage. L’équipe est composée de médecins, d’orthoptistes, d’ergonomes, d’ergothérapeutes, d’ingénieurs qui développent de nouveaux tests d’évaluation et remplit une activité de conseil.

 

Un centre de basse vision a été créé pour recruter des malades et des déficients visuels. Un simulateur de maladies de la rétine (DMLA ou rétinite pigmentaire) a été mis au point. Le quartier de Bastille a été numérisé. Grâce à un eye-tracker portable, on est capable d’asservir la position du regard au scotome (la tache) et de permettre à un voyant de voir comme un malvoyant. Un implant rétinien a également été simulé avec l’aide de mathématiciens et de biologistes.

 

Simulateur de déficits visuels. © UPMC - Pierre Kitmacher

 

Le pôle a travaillé avec la Ville de Paris sur une zone d’exploitation urbaine, Panammes. L’appartement témoin, le HomeLab, est un appartement de type F2 qui sert de plateforme de recherche pour travailler sur l’amélioration de l’habitat et se mettre en conditions réelles pour évaluer les bénéfices thérapeutiques.

 

La rue artificielle, StreetLab, qui vise à améliorer l’autonomie des déficients visuels, recrée une rue indoor (en intérieur) d’environ 70m2 dans laquelle on peut piloter l’ensemble des paramètres, l’éclairage, le son, les obstacles et « monitorer » intégralement l’espace pour analyser la stratégie de regard et de trajectoire. StreetLab est une entité juridique de droit privé dont l’UPMC est l’actionnaire principal.

 

Un partenariat mis en place avec la direction « innovation et packaging » de Casino a permis de créer un supermarché laboratoire, un magasin adapté aux seniors (plus de 60% de clients sont des seniors) avec des services de proximité. Les malvoyants constituent environ 30% des seniors. Partant du dogme initial « les malvoyants voient ! », Casino a travaillé sur les caractéristiques du packaging pour inciter les malvoyants à venir en magasin faire leurs courses et à y revenir ! Vingt produits ont ainsi été « relookés » pour être adaptés aux déficients visuels : les informations ont été priorisées, les tailles de caractères redéfinies, les contrastes des couleurs affinés. Un travail sur l’éclairage artificiel (problèmes de reflets, de zones d’ombre, d’intensités lumineuses très fortes) a également été réalisé.

 

Il a fallu lutter contre certaines idées reçues. En effet, dès lors qu’on quitte le secteur de la santé, beaucoup croit bien souvent que les malvoyants sont non-voyants et que les malentendants sont sourds.

 

Le pôle Handicap a fait de l’amélioration de la qualité de vie son cheval de bataille. Avec des thématiques aussi variées et complémentaires que la « Vie dans la cité » (mobilité, accessibilité, accès au service public, lien social), l’« Environnement professionnel », l’« Habitat privatif » (sécurité, éclairage, domotique, circulation) ou le « Confort et le ressenti ».

 

Pour en savoir plus :

Institut de la visionNouvelle fenêtre

 

Les projets du Pôle Handicap :

 

StreetlabNouvelle fenêtre



28/10/13