Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

De la source à l’embouchure, la Seine est-elle un long fleuve tranquille ?

accès rapides, services personnalisés

Rechercher

Recherche détaillée

De la source à l’embouchure, la Seine est-elle un long fleuve tranquille ?

Dans l’imaginaire collectif, la notion de source symbolise à la fois le berceau et un perpétuel recommencement. Considérons le cas de la Seine. Prend-elle naissance seulement en Côte d’Or sur le plateau de Langres ? Ou bien est-elle la combinaison de plusieurs sources et affluents ? Jean-Marie Mouchel, professeur dans l’unité « Structure et fonctionnement des systèmes hydriques continentaux » (SISYPHE, CNRS/UPMC/EPHE) revient sur certaines idées qui commencèrent à être développées à l'époque du baron Haussmann.

 

Est-ce la Seine, l’Aube ou l’Yonne qui coule à Paris ? Difficile de répondre car en réalité, un fleuve n’a pas une source, mais une multitude de sources réparties sur le bassin versant drainé par un réseau de cours d’eau qui forment les rivières et le fleuve en lui-même. Au XIXe siècle, pour concevoir l'alimentation en eau de Paris, l'ingénieur Belgrand travaillait déjà sur « les sources du bassin de la Seine ».

 

Le bassin de la Seine est une vaste formation géologique sédimentaire qui s’étend du Morvan et des Ardennes à la Normandie en passant par la Champagne et l’Île-de-France. C’est une succession de massifs, de reliefs et de couches géologiques affectés tour à tour par des épisodes climatiques anciens ou par l’érosion naturelle. Au fil de l’eau, on y trouve des collines calcaires de l’ère jurassique, des bandes argileuses, du grès, de grandes vallée alluviales et dans une grande partie du bassin des limons éoliens.

 

Le programme de recherche PIREN-Seine

Le programme de recherche PIREN-Seine est né en 1989 de l’idée du CNRS de confronter les points de vue de scientifiques venus d’horizons différents et de gestionnaires des ressources en eau. Fondé sur le principe de réciprocité, le programme a permis l’émergence d’une culture scientifique axée autour d’un ensemble régional d’écosystèmes unique en son genre, le bassin de la Seine, un espace s’étendant sur plus de 75 000 km2.

 

Ce territoire, avec sa géologie, son climat, sa végétation, mais aussi avec ses activités agricoles, domestiques et industrielles, « fabrique » à la fois le milieu aquatique lui-même et la qualité de l’eau de nos rivières et de nos nappes. Si elle est relativement tranquille au vu de son régime hydrologique, la Seine ne l'est pas par la multitude de pressions que les activités humaines exercent sur son bassin versant.

 

Le PIREN-Seine est devenu au fil des années un programme de recherche engagé qui inscrit ses grandes thématiques dans le débat public avec les élus, les associations, les citoyens :

  • l’hydrogéologie du bassin de la Seine,
  • la pollution par les nitrates,
  • le peuplement de poissons, l’agriculture, la faune et la flore,
  • l’eutrophisation des cours d'eau,
  • les métaux, les pesticides, la contamination microbienne et la micropollution organique,
  • l'eau dans les campagnes avant l'ère industrielle,
  • les petites rivières urbaines,
  • le risque écotoxicologique,
  • l’impact du changement climatique sur les ressources en eau…

 

La gestion des ressources hydriques, aussi bien en quantité et qu’en qualité, est au centre de toutes ces questions. Le « bon état écologique » des masses d’eau, objectif imposé par la Directive Cadre européenne sur l’Eau, est ainsi étroitement lié au bon fonctionnement du système bassin versant.

 

Pour en savoir plus :

À voir :

Les conférences Sciences à cœur, saison 3 (2010)

Rencontre autour du cycle de l'eau : des hommes et un milieu, le bassin de la SeineNouvelle fenêtre

Par Jean-Marie Mouchel, professeur dans l’unité « Structure et fonctionnement des systèmes hydriques continentaux » (SISYPHE, CNRS/UPMC/EPHE).



25/04/13