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Comme un poisson dans l’eau

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Recherche détaillée

Comme un poisson dans l’eau

Pour les équipes de l’unité mixte de recherche Borea (« Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques », CNRS/MNHN/IRD), l’eau n’est pas un objet d’étude en soi. Elle occupe malgré tout une place centrale car elle y est envisagée comme milieu, support de la biodiversité structurelle (réseaux trophiques, transport larvaire, migration) et fonctionnelle (flux de matière et d’énergie, flux de contaminants). Hervé Rybarczyk, maître de conférences à l’UPMC, présente les thématiques abordées qui couvrent des champs divers sur une échelle allant des processus au niveau cellulaire et de l’organisme jusqu’aux communautés et écosystèmes aquatiques au niveau régional voire mondial.

 

Évolution des biominéralisations

La biominéralisation consiste en la transformation d'ions en solution en une structure minérale par un organisme aquatique (coquillages coraux entre beaucoup d’autres). Un enjeu majeur actuel est de comprendre et de prédire l’impact de la diminution du pH (acidité) des eaux marines suite à l’augmentation du dioxyde de carbone (CO2) sur ces organismes.

 

Évolution et fonctions du système nerveux et neuroendocrine

L’étude du système nerveux et neuroendocrinien joue un rôle majeur dans l’intégration des facteurs internes et environnementaux et l’induction des réponses adaptatives des organismes. Les études portent sur des modèles biologiques non conventionnels d’intérêt phylogénétique, écologique et appliqué, principalement Mollusques et Vertébrés Téléostéens. Métamorphoses et puberté, migrations et changements d’écophases sont autant de moments clefs dans la vie des organismes aquatiques. Il est donc crucial d’étudier et de comprendre leur rôle adaptatif dans la structure et la plasticité des cycles biologiques (éléments impliqués dans la biodiversité et son maintien).

 

Peuplements des écosystèmes côtiers

Comme près de 80% de la population mondiale réside sur la zone littorale, les systèmes côtiers sont soumis à de fortes pressions anthropiques. Les peuplements directement exploités (élevage de poissons, coquillages et crustacés) voient leur cycle de reproduction modifié (rôle de nurserie et de nourricerie). Différents chantiers visent à mieux comprendre l’amplitude de ses impacts sur ces peuplements et les réponses des organismes à titre individuel et/ou communautaire (Baie du Mont-Saint-Michel, îles Chausey, îles de La Madeleine…). Une approche pluridisciplinaire est nécessaire afin d’intégrer l’aspect sociétal dans ces travaux.

 

Peuplements des écosystèmes benthiques, pélagiques et insulaires

Les chercheurs s'intéressent ici aux poissons pélagiques et benthiques dont la majorité des espèces présentent un intérêt scientifique indéniable (espèces de zones frontales, de zones hydrothermales). Les recherches portent également sur des espèces ayant développé des traits de vie spécifiques leur permettant notamment lors de migration, de coloniser des milieux insulaires particuliers (poissons et crustacés).

 

Biodiversité et macroécologie

Ce volet de l’étude des organismes aquatiques se situe à une échelle plus vaste puisqu’il s’agit de faire appel, en plus des outils « omics » (1), à l’histoire et à la géographie pour comprendre comment les communautés piscicoles andines (par exemple) actuelles ont pu se constituer et proposer des scenarii d’évolution. Le rôle des hommes est prépondérant et leur lien avec l’eau y est très fort de par la pêche mais aussi avec des espèces introduites et parfois invasives.

 

(1) Le préfixe « omics » (en référence à genomics, transcriptomics, proteomics…) qualifie des outils d’analyse et de diagnostic spécifiques des effets d'une substance chimique sur l'organisme.

 

Pour en savoir plus :

Unité « Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques » (Borea, CNRS/MNHN/IRD)Nouvelle fenêtre

 

Structure, modélisation et fonctionnement des RESeaux trophiques AQUAtiques (RESAQUANouvelle fenêtre)

L’étude des réponses aux perturbations et la modélisation du fonctionnement des écosystèmes aquatiques nécessite la compréhension qualitative et quantitative des flux d’énergie et de matière entre les différents échelons des réseaux trophiques. Le « jeu » du « qui mange qui ? » ou « qui mange quoi ? » est mené avec les outils classiques de l’écologie bien sûr mais aussi avec l’analyse de traceurs tels que les acides gras et les isotopes stables du carbone, de l’azote. L’Amazone (ANR CARBAMA), l’impact de la creveticulture sur les mangroves (ZONECO, Nouvelle-Calédonie) en sont deux exemples. L’utilisation des isotopes stables du strontium pour identifier les différentes étapes migratoires des poissons d’Amazonie (MARMIPED).

 

L’équipe RESAQUA travaille depuis quelques années sur la contamination persistante et rémanente du biofilm à la surface des sédiments et des pierres par la Chlordécone (ANR CLORINDIC). Ce biofilm joue un rôle de cohésion des sédiments de surfaces mais aussi de source de nourriture pour des organismes microphages via les substances qui le composent. Il devient, de fait, source de contamination de la chaîne alimentaire.



25/04/13