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Avant-propos "Au fil de l'eau à l'UPMC"

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Avant-propos "Au fil de l'eau à l'UPMC"

Élément de la vie quotidienne, l’eau doit à ses propriétés physico-chimiques très particulières son rôle de premier plan à la surface du globe, vis-à-vis de la biosphère et de la lithosphère. La Terre est la seule planète connue à ce jour où l’eau est présente dans ses trois phases (liquide, solide et gazeuse). L’eau est indispensable à l’agriculture, à l’industrie et à la consommation domestique. Sa qualité doit donc être préservée et son usage, maîtrisé. Régulièrement pourtant, les sociétés sont confrontées aux risques liés à l’eau, à l’inquiétude sur le manque d’eau ou sur la modification du cycle de l’eau, sur l’intensification possible de phénomènes extrêmes comme les inondations, sur la dégradation de la qualité des eaux naturelles et des écosystèmes.

 

Peut-on considérer qu’il s’agit d’une ressource ? C’est l’homme qui, par l’utilisation qu’il en fait, transforme l’eau, élément de la nature, en ressource. Ce concept de ressource en eau est apparu simultanément à la prise de conscience de la rareté de l’eau, et donc à la nécessité d’évaluer précisément cette ressource pour la gérer au mieux. Toute l’eau n’est pas une ressource, un écoulement ne devient ressource que s’il est techniquement, économiquement et écologiquement possible de le maîtriser et de le préserver. La gestion de l’eau impose donc la construction d’infrastructures de prélèvement, de stockage et de transport adaptées aux quantités d’eau disponibles.

 

Du fait de son cycle naturel, l’eau est en mouvement et présente un caractère renouvelable. Elle se retrouve à la surface des continents, dans les rivières et les zones humides, en sous-sol dans les nappes souterraines. Il est ainsi essentiel de distinguer l’eau qui revient chaque année, les flux, de celle en réserve, les stocks, qui n’est pas renouvelée dans l’année. On peut évoquer une exploitation « minière » de cette ressource à propos de prélèvement dans les nappes souterraines à renouvellement lent, par opposition à une approche de type « cueillette » lorsque l’exploitation concerne une quantité d’eau qui sera renouvelée dans l’année.

 

C’est une ressource particulière, différente des autres ressources minérales parce qu’elle est renouvelable grâce à son cycle naturel, parce qu’elle remplit d’autres fonctions dans la nature en étant un milieu de vie pour les espèces aquatiques, parce qu’elle est indispensable à toutes les espèces vivantes sur terre, parce qu’elle peut être produite par dessalement d’eau de mer, parce qu’il s’agit d’une matière première dont l’utilisation, après extraction, a des effets en retour sur le gisement : la plus grande partie de l’eau prélevée dans le milieu naturel y retourne après utilisation.

 

Il est difficile de prévoir comment le réchauffement climatique va agir sur les ressources en eau. Les scientifiques s’accordent sur une accélération du cycle de l’eau, une aggravation des contrastes entre zones arides et zones humides, et une variabilité accentuée d’une saison à l’autre et d’une année à l’autre. Cette variabilité accrue devrait rendre les écoulements plus difficiles à mobiliser.

 

Les chiffres globaux dans la confrontation entre ressources et usages ne traduisent pas l’extrême diversité de répartition de l’eau mobilisable par rapport aux attentes des populations. Le manque d’eau est déjà réel mais actuellement circonscrit aux pays et régions où, à la fois l’eau est rare et les demandes humaines fortes et croissantes. Dans ces régions, les déséquilibres entre ressources mobilisables et besoins vont s’amplifier, principalement à cause de la croissance de la population, de la détérioration de la qualité de l’eau à cause des pollutions et du changement climatique. Et de nouvelles régions du monde risquent de se trouver en situation de stress hydrique, voire de pénurie.

 

Plus que la raréfaction de l’eau douce, c’est plutôt sa mauvaise répartition et sa mauvaise gestion qui devraient mobiliser les énergies ! Quel que soit l'usage que l'on fasse de l'eau douce - pour l'agriculture, l'industrie ou la consommation domestique - il existe des possibilités considérables d'économies et d'amélioration de la gestion, en réduisant les pertes dans les réseaux de distribution d’eau et d’irrigation, en intensifiant les recyclages des usages industriels, en améliorant l’efficience des techniques d’irrigation

 

La société s’interroge et interroge les scientifiques sur ces questions d’eau, de risques hydrologiques, de pollution et d’impact du changement climatique. Ce sont des questions scientifiquement pertinentes mais complexes et les réponses ne se trouvent qu’à l’interface de plusieurs champs disciplinaires.

 

Les universités ne se sont emparées de ces questions d’eau que depuis peu, quelques décennies à peine. Auparavant, il y avait déjà bien des recherches sur l’eau, mais cachées à l’ombre de chacune des « grandes » disciplines, physique, chimie, biologie, géologie, sans réelle pluridisciplinarité et sans réelle visibilité.

 

L’UPMC est très présente dans tout le spectre des connaissances sur l’eau, sur l’évolution de sa disponibilité et de sa qualité. Les chercheurs s’intéressent aussi bien à l’eau douce qu’à l’eau salée, aux zones humides, aux lacs, aux rivières, aux glaciers, à la pluie et à la neige, aux milieux côtiers, aux océans. L’eau y est étudiée comme ressource mais aussi comme vecteur de matière et d’énergie et comme agent qui transforme les milieux en surface et en profondeur.

 

Différentes structures mises en place à l’UPMC donnent une place de choix à l’eau comme objet de recherche, avec des laboratoires dont c’est la préoccupation principale (stations marines, UMR LOCEAN, UMR Sisyphe), des structures comme la fédération de recherche FIRE ou l’OSU Ecce Terra, un programme de recherche sur l’écosystème de la Seine (PIREN Seine), un équipement d’excellence sur l’écologie aquatique (PLANAQUA), un pôle commun d’activités de recherche et de formation Aquafutura. Les étudiants UPMC ont la possibilité de se former aux sciences de l’eau, en Licence comme en Master, et ainsi s’insérer dans le secteur professionnel de la gestion de l’eau.

 

Le dossier montre quelques facettes des recherches sur l’eau vues à travers le prisme des sciences de l’UPMC. Des travaux très diversifiés sont menés, souvent complémentaires, traitant de l’eau et des écosystèmes aquatiques en milieu continental, côtier et marin. Le triptyque observation/théorie/modèle appliqué à l’eau est décliné à toutes les échelles, de l’approche moléculaire à l’échelle globale de la terre et des autres planètes.

 

Pierre Ribstein est professeur à l'UPMC.



18/03/13