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Le tendon, la « cheville ouvrière » de l’articulation

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Marie Pinhas-Diena, responsable de la communication scientifique l T. 01 44 27 22 89 l M. marie.pinhas@upmc.fr

Le tendon, la « cheville ouvrière » de l’articulation

Que l’on soit sportif chevronné ou simple promeneur du dimanche, que l’on se rende d’un pas alerte à son lieu de travail ou que l’on piétine en faisant du lèche-vitrine un samedi après-midi, c’est sûr, tous nos tendons sont soumis à rude épreuve… La médecine orthopédique doit être en mesure de réparer cette belle mécanique en cas de traumatisme soudain ou d’usure et de vieillissement naturels. Delphine Duprez, directrice de recherche CNRS au laboratoire de biologie du développement (LBD, CNRS/UPMC/Inserm) et son équipe cherchent à comprendre la biologie du tendon à l’échelle moléculaire ainsi que les mécanismes de développement et de réparation du système musculo-squelettique.

 

Pourquoi avoir choisi le tendon comme objet de recherche ?

Delphine Duprez. Précisément parce que nous ne savons que très peu de choses sur le développement du tendon chez les vertébrés en raison du peu d’études réalisées sur le sujet. On connaît mieux la formation des autres composants du système musculo-squelettique, comme le muscle, le cartilage et l’os. Le tendon nous intéresse car c’est un tissu dense composé majoritairement de fibrilles de collagène de type I organisées en une architecture tridimensionnelle à la fois ondulée et hélicoïdale, ce qui lui confère des propriétés physiques et élastiques remarquables. Nos travaux de recherche suivent deux grands axes thématiques, le développement du tendon et la réparation du tendon adulte.

 

D. R.

 

À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement satisfaisant pour restaurer un tendon ou un ligament blessé ou défectueux. Que faire alors ?

D. D. La formation comme la réparation des tendons reposent sur des combinaisons spécifiques de facteurs de transcription et de croissance et de paramètres mécaniques qui régulent la production et l'organisation spatiale du collagène de type I. Nous nous employons donc à identifier les gènes capables de déclencher le « programme tendon », c’est-à-dire ceux impliqués dans les processus de formation des tendons au cours du développement. Les connaissances acquises en biologie du développement du tendon ont permis de développer des modèles in ovo ou ex vivo de lésion tendineuse chez la souris et d’étudier l’influence des mouvements sur la réparation.

Quels types de modèles utilisez-vous ?

D. D. Le modèle poulet nous permet de faire des expérimentations chez l’embryon. Nous essayons de modifier l’expression de gènes dans les membres d’embryons de poulet et d’en étudier les conséquences sur la formation du système musculo-squelettique. Le poisson zèbre présente de nombreux avantages : c’est un vertébré de très petite taille qui se développe très rapidement (en trois jours) et qui possède de nombreuses lignées transgéniques et mutants accessibles. En outre, les embryons transparents facilitent les observations sur l’animal vivant, notamment les expériences de perte d’expression. Le modèle de souris sert à étudier les conséquences de l’invalidation d’un gène pour la formation des tendons et des muscles.

 

Est-il possible de fabriquer un tendon in vitro pour réparer une lésion ?

D. D. À l’heure actuelle, ce n’est pas possible. Nous nous efforçons de comprendre les mécanismes de la formation des tendons au cours du développement embryonnaire. Nous comptons utiliser cette expertise pour tenter de fabriquer une structure tendineuse in vitro à partir de cellules encore non spécialisées ou cellules souches. Le but ultime est de pouvoir réaliser à terme, une greffe chez des patients qui présentent des pertes de substance tendineuse.

Pour en savoir plus :

Laboratoire de biologie du développement (LBD, CNRS/UPMC/Inserm)Nouvelle fenêtre



24/05/16