Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Peut-on gouverner le climat ?

accès rapides, services personnalisés

Rechercher

Recherche détaillée

Contact

Direction de la communication

 

Marie Pinhas-Diena, responsable de la communication scientifique l T. 01 44 27 22 89 l M. marie.pinhas@upmc.fr

Peut-on gouverner le climat ?

Du sommet de la Terre à la COP21, le parcours semé d’embûches des négociations internationales

Depuis vingt ans, le problème climatique s’est hissé au sommet de l’agenda mondial et un processus multilatéral s’est mis en place pour y répondre. Or, les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, responsables des dérèglements, ont atteint un niveau record en 2013. Revenant sur le traitement politique du changement climatique, du protocole de Kyoto à aujourd’hui, Amy Dahan, directrice de recherche CNRS au centre Alexandre Koyré (CAK, CNRS/EHESS/MNHN) et Stefan Aykut du laboratoire interdisciplinaire sciences, innovations, sociétés (LISIS) proposent une analyse des enjeux et des négociations et s’interrogent sur une gouvernance qui suscite autant d’attentes qu’elle crée de désillusions.

 

Le changement climatique pose la question stratégique des rapports entre science et politique, du rôle des experts, de l’évolution de la géopolitique du climat, de la transition énergétique en Europe, aux États-Unis et dans les grands pays émergents, ou encore des articulations entre problème climatique et globalisation, entre adaptation et développement. Est-il possible de changer de paradigme, alors que le monde connaît des accélérations majeures et se voit confronté à de multiples crises ? Dans quel cadre faut-il inscrire ce défi majeur dans le champ des futurs ?

 

L’alerte scientifique autour du changement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre (GES) a provoqué en 1988 la création d’une instance d’expertise singulière, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Puis, dans la foulée du sommet de la Terre de Rio (1992), moment d’apogée du multilatéralisme et de l’idée de développement durable, une gouvernance politique mondiale a été mise en place sous l’égide des Nations unies pour tenter de trouver des solutions et répondre à ce défi.

 

Depuis vingt ans, le processus climatique des négociations et les conférences annuelles des parties (COP) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui les accueillent, réunissent les représentants patentés de 195 pays (diplomates, ministres, parfois chefs d’État) et mobilisent un nombre considérable d’acteurs (20.000 personnes au moins s’y rendent chaque année) et des forces variées (entreprises, lobbies, ONG, etc.). Si l’investissement humain, financier et politique déployé autour de cette gouvernance est immense, le bilan reste décevant au moins en termes de réductions mondiales effectives des émissions de carbone ? Ces dernières n’ont de cesse d’augmenter : 9,9 gigatonnes (Gt) de carbone en 2013, soit 550 Gt en émissions cumulées depuis 1870.

 

Le problème climatique est résolument polycentrique et multi-échelles. Il exige des politiques nationales, des initiatives transnationales, des coordinations internationales, des articulations entre échelles. Il est donc vital d’inscrire la question climatique dans un échiquier planétaire plus vaste et de repenser l'ordre de gouvernementalité.

Pour en savoir plus :

Centre Alexandre Koyré (CNRS-EHESS)Nouvelle fenêtre

 

ANR Clima Conf « La confiance dans les sciences et les politiques du climat »Nouvelle fenêtre

 

À lire :

Gouverner le climat ? 20 ans de négociations internationales.Nouvelle fenêtre Stefan Aykut, Amy Dahan. Presse de Sciences Po, 2015.

 

Les négociations climatiques : vingt ans d’aveuglement ?Nouvelle fenêtre Stefan C. Aykut et Amy Dahan, CERISCOPE Environnement, 2014.



05/06/15