Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

L’écologie marine et terrestre sous influence climatique

accès rapides, services personnalisés

Rechercher

Recherche détaillée

Contact

Direction de la communication

 

Marie Pinhas-Diena, responsable de la communication scientifique l T. 01 44 27 22 89 l M. marie.pinhas@upmc.fr

L’écologie marine et terrestre sous influence climatique

Comment peut-on définir des aires marines protégées de haute mer dans un contexte de changement climatique ? Comment la biodiversité marine pélagique de l’océan mondial se modifie-t-elle ? Quelles sont les conséquences de l’exploitation du krill sur les écosystèmes marins et les oiseaux de la péninsule antarctique ? Quelles sont les raisons de l’extinction des espèces anciennes et actuelles au niveau terrestre et marin ? La prise de conscience de tous les changements globaux qui affectent la biodiversité ne va pas forcément de soi car les échelles spatiales sont complexes et les variations temporelles difficiles à maîtriser.

 

Le cours « Biodiversité : enjeux globaux » de l’unité d’enseignement « Grandes questions environnementales » du master « Sciences de l’Univers, environnement, écologie » de l'UPMC, revient sur certains des concepts et théories généraux de l’écologie, sur les modèles et scenarii de gestion de l’écosystème. La place de l’être humain comme facteur essentiel des changements de la biodiversité actuelle est présentée. Ce cours aborde la biodiversité sous toutes ses formes, des microbes aux prédateurs supérieurs.

 

 

Manchots. © Philippe Koubbi

 

L’écologie microbienne

Ce n’est qu’au milieu des années 70 que les chercheurs ont révélé l’importance du compartiment microbien dans les cycles de matière et d’énergie, jusqu’alors considéré comme un simple décomposeur de matière. Cette évolution conceptuelle des réseaux trophiques n’a pu se faire sans la levée de nombreux verrous méthodologiques, depuis les méthodes permettant de déterminer leur abondance, leurs activités, jusqu’à celles, très récentes, prenant en compte leur grande biodiversité.

 

Le compartiment microbien s’avère essentiel dans les mécanismes de maintien de l’équilibre et de régulation des flux d’énergie, au sein des écosystèmes. La diversité microbienne peut être décrite en prenant l’exemple des écosystèmes marins, en définissant le rôle du monde microbien dans les réseaux trophiques, leurs activités et leur biogéographie, depuis les environnements côtiers jusqu’aux environnements plus extrêmes, comme l’océan profond. Les conséquences de l’action anthropique sur la diversité microbienne sont multiples, bien que plus difficiles à percevoir. Quels sont les changements des communautés microbiennes après une marée noire ? Quels microorganismes s’installent sur les débris de plastique retrouvés en mer ?

 

Les effets de l’action anthropique

En dehors du monde microbien, le cours s’adresse à plusieurs exemples marins et terrestres dont plusieurs études récentes montrant le rôle du principal acteur de ce qu’on nomme la « sixième extinction » : l’être humain. Dès l’origine, l’action anthropique a toujours modifié les écosystèmes avec des conséquences plus ou moins bénéfiques ou graves : augmentation de l’extinction des espèces et du nombre de marées noires, surexploitation des ressources naturelles, modification des paysages et des changements planétaires, action des espèces invasives. Certaines conséquences sont immédiates et visibles, d’autres plus difficiles à percevoir. Un écosystème peut-il, par exemple, récupérer en un an, après une marée noire ? Quelles sont les conséquences de l’aménagement d’un milieu naturel et de la fragmentation de celui-ci ? Comment les écosystèmes se modifient avec l’appauvrissement des populations de prédateurs supérieurs ?

 

Le rôle essentiel de l’écologie pour favoriser la prise de conscience

Pour changer d’attitude, il faut savoir et comprendre que ces changements existent et éduquer pour avoir une vision spatiale et temporelle plus globale que celle de son propre environnement. Ainsi, l’observation satellitaire, couplée aux campagnes scientifiques à long terme, permet d’étudier les tendances spatiales et temporelles des écosystèmes à fine échelle. El Niño et l’oscillation nord-atlantique sont des notions de plus en plus connues même si ces phénomènes sont parfois peu compris. À de rares exceptions, nous manquons de séries de données à long terme pour comprendre les changements qui s’opèrent sur les écosystèmes. Si l’être humain perçoit ce qu’est l’augmentation d’une température, il lui est par contre plus difficile de comprendre ce qu’est la perte de biodiversité, ce qu’elle est et comment on la mesure. Pour changer notre relation à la biodiversité, il faut comprendre et prévoir. Un phénomène, un événement, ne peuvent être expliqués et surtout prévus si on ne connaît ni leur cause, ni les mécanismes qui les sous-tendent. Les réponses des espèces et des écosystèmes peuvent être expliqués par l’écologie, méta-science se nourrissant de toutes les sciences biologiques, physiques, chimiques, mathématiques, humaines et de l’environnement.

 

L’écologie a pour objet de comprendre un système, de prévoir son évolution et de le gérer. Cette science se fonde sur des protocoles, des lois et des hypothèses d’études sur les organismes, leurs populations ou les écosystèmes. À partir de la notion de « niche écologique », on peut définir la notion d’habitat potentiel d’une espèce puis d’habitat réel et de succès afin de proposer des mesures de conservation.

 

L’écologie nous indique également que nous devons regarder les échelles d’espace et de temps qui affectent les écosystèmes alors que les mesures politiques de conservation sont souvent proposées pour des écosystèmes qui seraient figés dans le temps. La compréhension de ces processus est importante, d’un point de vue appliqué, comme fondamental, pour étudier les populations et les gérer.

 

Observer pour mieux agir…

Observer n’est pas suffisant, il faut également proposer des actions permettant de restaurer les écosystèmes, de les gérer, de les conserver non pas dans un cadre figé, mais dans celui nécessaire de cohabitation entre les activités humaines et la nature. Cette protection se fait grâce aux acteurs locaux, nationaux ou internationaux. De grandes bases de données internationales existent afin de partager toutes les connaissances sur la distribution spatiale des espèces. Ces données sont associées entre elles, traitées statistiquement et visualisées sous système d’informations géographiques . Elles permettent d’établir des scenarii de conservation aidant les décideurs économiques ou politiques à proposer des mesures de protection. Un exemple majeur est celui de l’océan Austral avec la définition d’aires marines protégées, d’écosystèmes marins vulnérables et la gestion des ressources marines dans un environnement en perpétuelle évolution.

Pour en savoir plus :

Philippe Koubbi et Dominique Lamy sont enseignants-chercheurs UPMC et travaillent au laboratoire « Biologie des ORganismes et Ecosystèmes Aquatiques » (BOREA, CNRS/UPMC/MNHN/IRD)

 

Laboratoire « Biologie des ORganismes et Ecosystèmes Aquatiques » (BOREA, CNRS/UPMC/MNHN/IRD/ Université de Caen Basse-Normandie/Université des Antilles et de la Guyane)Nouvelle fenêtre



26/05/15