Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

biomarqueurs cellules Treg

accès rapides, services personnalisés

Rechercher

Recherche détaillée

Cancer et maladies auto-immunes : des globules blancs ouvrent de nouvelles perspectives

L’équipe de Guy Gorochov est associée au centre d’immunologie et des maladies infectieuses de l’UPMC*. En juin 2015, elle publiait dans la prestigieuse revue scientifique PNAS, la découverte d’un marqueur des cellules T régulatrices, des globules blancs essentiels pour le contrôle du système immunitaire. Co-signé par Shimon Sakaguchi, le découvreur de ces cellules, l’article ouvre des perspectives thérapeutiques et diagnostiques dans le domaine du cancer et des maladies auto-immunes.

« Jusque dans les années 80, l’existence des cellules T régulatrices (Treg) était supposée, faute de marqueurs efficaces pour les détecter », explique Guy Gorochov. Un chercheur japonais, Shimon Sakaguchi, avait alors enfin réussi à les identifier chez la souris, ouvrant la voie à leur observation chez l’Homme.

En leur absence, nos globules blancs conventionnels (Tconv) considéreraient nos organes comme des intrus et s’attaqueraient à eux. A l’inverse, des globules Treg hyperactifs inactiveraient les Tconv, empêchant toute réponse immunitaire contre les infections ou les cancers. « C’est un thermostat que nous devons apprendre à manier à des fins diagnostiques », indique le chercheur.

Globules blancs régulateurs ou conventionnels ?

Or pour faire varier ce thermostat, il faut différencier avec certitude les globules blancs régulateurs des globules blancs conventionnels. « Chez l’Homme l’opération est compliquée. Treg et Tconv peuvent présenter les mêmes marqueurs à leur surface. Il faut donc quantifier plusieurs molécules pour les distinguer, y compris à l’intérieur des cellules. La destruction de ces dernières est dès lors inévitable ». C’est là qu’intervient le biomarqueur récemment décrit par Guy Gorochov et ses collaborateurs, CD15s. « Situé en surface des globules blancs, il est plus facile à repérer et permet de garder les cellules intactes ». Pour le découvrir, un des scientifiques de l’équipe, Makoto Miraya, a testé toutes les sondes capables de s’arrimer à la surface des globules blancs (des anticorps reconnaissant chacun une molécule spécifique). « Celle fixant CD15s s’est systématiquement allumée sur les globules qui présentaient les molécules habituellement rencontrées en grande quantité chez les Treg. Nous tenions notre nouveau biomarqueur ».

 

 

Vers des solutions diagnostiques et thérapeutiques

Identifiés avec certitude et préservés, les globules blancs régulateurs acquièrent un grand intérêt diagnostic. « Ils seront utilisables comme biomarqueur prédictif de l’évolution des maladies auto-immunes ou informeront sur le pronostic d’un cancer : je n’ai pas assez de Treg, je risque de faire une poussée de lupus ; j’ai trop de Treg, mon mélanome ne répondra pas à un traitement basé sur une stimulation des Tconv », explique Guy Gorochov.

Sur le plan thérapeutique, un médicament capable de reconnaitre plusieurs marqueurs des Treg, dont CD15s est envisageable. « A la manière d’un filet, il capturerait les Treg. Selon les besoins il serait possible de les éliminer transitoirement, ou de les capturer pour les amplifier in vitro avant de les réinjecter aux patients ».

Brevet

L’équipe de Guy Gorochov a protégé CD15s par un brevet. « Un collaborateur industriel ayant soutenu cette recherche, a déjà acheté une option de licence pour le diagnostic ». En ligne de mire : la fabrication d’un nouveau kit de laboratoire pour déterminer la présence de cellules Treg chez l’Homme.

 

*CIMI : UPMC/Inserm/CNRS/APHP

 

En savoir plus :


Le site du centre d'immunologie et des maladies infectieusesNouvelle fenêtre

Le site de la revue PNASNouvelle fenêtre

 

 

Crédits photos : Pierre Kitmacher - UPMC direction de la communication



02/10/15