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Rencontre avec Michel Risse

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Rencontre avec Michel Risse

Michel Risse, poly-instrumentiste, compositeur pour l’espace public, sera accueilli en résidence d’artiste à l’UPMC de 2011 à 2013. 

  

Comment est née votre vocation ?

Je crois qu’elle est liée, enfant, à la  découverte d’un petit harmonica dans le grenier de la maison, c’est l’un de mes souvenirs les ...

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Rencontre avec Michel Risse

Michel Risse, poly-instrumentiste, compositeur pour l’espace public, sera accueilli en résidence d’artiste à l’UPMC de 2011 à 2013. 

  

Comment est née votre vocation ?

Je crois qu’elle est liée, enfant, à la  découverte d’un petit harmonica dans le grenier de la maison, c’est l’un de mes souvenirs les plus profonds. C’était d’abord un émerveillement tactile et visuel, une petite boîte en carton très décorée et à l’intérieur un objet nickelé, brillant. Mon premier réflexe a été de le mettre à ma bouche et de souffler dedans. Et toutes ces sensations se sont alors réunies dans l’émerveillement du son.

 

L’UPMC a souhaité vous accueillir, pourquoi avoir répondu à cette invitation ?

La compagnie Décor Sonore a été sélectionnée à la suite d’un appel à candidature. Nous serons en résidence artistique à l’UPMC jusqu’en 2013. L’objectif de notre première création les 16 et 17 septembre 2011 visait à considérer le site comme un instrument de musique et une partition. Ce type de création est un concert autant qu’un spectacle puisque quelques acrobaties sont souvent nécessaires pour dénicher les meilleurs sons. Bien sûr, le paysage sonore du quartier a été métamorphosé ce qui a entraîné les réactions de certains riverains mais cette expérience est bien l’occasion de provoquer des rencontres avec le public.

 

Quel est l’intérêt de créer ce que vous appelez un Instrument|Monument ?

Chaque objet recèle une part de musicalité. Le but est de partager cette musicalité en amplifiant les vibrations des objets et en les mettant en forme par un geste instrumental, ce que font les interprètes de Décor Sonore. Le compositeur, lui, se transforme en jardinier du paysage sonore. L’espace public offre de nombreuses possibilités. Mais il est aussi parfois inhospitalier, avec beaucoup de règles et d’interdits. L’idée d’Instrument|Monument est de créer de nouvelles libertés en dehors des salles de spectacles.

 

En quoi consistera la suite de votre résidence jusqu’en 2013 ?

Il y aura différents axes de création. Tout d’abord, nous encadrerons deux unités d’enseignement orientées sur l’écologie sonore, l’esthétique de l’environnement et le développement de l’écoute critique. L’un de nos objectifs sera de définir l’identité sonore de l’UPMC. Sont aussi prévus plusieurs rendez-vous tout public comme la mise en scène de la genèse du son électronique au Réfectoire des Cordeliers. Au programme aussi, des rencontres avec les laboratoires. Elles permettront d’échanger et de fournir des pistes de recherche en agissant comme agent positivement perturbateur d’un côté comme de l’autre.

 

On qualifie souvent les artistes d’originaux. Faut-il avoir un grain de folie pour créer / innover ?

Je ne sais pas s’il est question de folie. Ce qui est certain, c’est que pour créer et innover, il faut sortir des sentiers battus. Il y a une notion de découverte. Souvent, c’est un élément parasite qui vient se greffer à un projet et auquel il faut s’intéresser. Car c’est du changement que découle l’innovation. Il faut avancer hors des règles sinon l’on ne fait que reproduire à l’identique.

 

Si vous aviez carte blanche pour sonoriser un monument, lequel choisiriez-vous ?

J’ai en tête certains monuments dont j’aimerais faire un instrument. Il y a par exemple le conservatoire de Châlon-sur-Saône. Il est beau et pour l’avoir déjà écouté, je peux vous dire qu’il sonne bien. Il a été conçu presque comme un instrument de musique. On peut voir que des formes, des bois de lutherie ont inspiré l’architecte avec même un aménagement scénographique. Cela me fait penser à l’architecte Claude Nicolas Ledoux pour qui la forme d’un bâtiment devait exprimer sa fonction.

 

Quel est le morceau que vous auriez aimé composer ?

Le concerto pour violon de Bela Bartok m’émeut particulièrement mais d’autres musiques, Âœuvres du génie collectif me bouleversent encore plus, notamment le chant des aborigènes de Taïwan. C’est réellement stupéfiant !

 

L’UMPC propose un double cursus science et musicologie. Selon vous, quel rapport existe-t-il entre ces deux domaines ?

Au départ, les sciences dites dures et l’art semblent faire partie de deux univers différents. L’art est le plus souvent assimilé aux sciences humaines. Pourtant il existe un lien fort entre les membres de ces deux disciplines : la passion, la quête perpétuelle. L’artiste comme le scientifique est toujours aux aguets. Il recherche, il réfléchit sans cesse. Et c’est en cherchant de la sorte que l’un et l’autre arrivent à la découverte, à la création et à l’innovation. Voilà le vrai point commun, l’obsession de connaître.

 

Où puisez-vous votre inspiration ?

Il y a des propositions permanentes dans le paysage sonore. Le plus difficile est de faire le tri et des choix. C’est finalement plus une question d’intuition que d’inspiration. Savoir quels objets seront sources des plus belles créations. Je m’intéresse aussi beaucoup à l’histoire et à la sociologie pour réussir à comprendre ce qu’exprime le bâtiment. J’ai déjà ressenti quelques impressions à l’UPMC. Je vais essayer de les retranscrire au mieux durant ma résidence pour, je l'espère, permettre au public de découvrir l'âme de l'UPMC. 

 



13/10/11